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À Gien, projection du film Soudain de Hamaguchi lors d’une soirée pour les aidants

Trois heures et quart. C’est la durée de « Soudain », le film de Ryūsuke Hamaguchi primé au Festival de Cannes 2026, projeté à Gien lors d’une soirée consacrée aux aidants et aux soins à domicile. Le drame suit une directrice d’Ehpad qui tente d’imposer une autre manière de soigner.

Le film n’a rien d’un documentaire. Il sert pourtant de support à des débats sur la prise en charge des personnes âgées, un peu partout en France. Gien rejoint ce mouvement avec une séance tournée vers ceux qui accompagnent un proche au quotidien.

Selon La République du Centre, la soirée giennoise s’adresse à deux publics : les aidants familiaux et les professionnels du soin à domicile. Le choix du film ne doit rien au hasard. Son sujet central, l’Humanitude, parle directement à ces deux mondes.

En chiffres
3 h 15
durée du film « Soudain »
selon AlloCiné
4,4/5
moyenne presse sur AlloCiné
4
piliers de l'Humanitude
regard, parole, toucher, verticalité
2013
création du label Humanitude
décerné par Asshumevie
3 ans
durée du processus de labellisation

Virginie Efira en directrice d’Ehpad sous la caméra de Hamaguchi

Sorti en salles le 12 août 2026, « Soudain » réunit Virginie Efira et Tao Okamoto. Efira incarne Marie-Lou, directrice d’un établissement pour personnes âgées. Elle veut y installer une philosophie de soins fondée sur l’écoute et la dignité des résidents.

Une partie de ses équipes résiste. Le film raconte aussi l’amitié singulière entre cette directrice et une metteuse en scène japonaise malade. Deux femmes. Deux cultures. Un même établissement.

Le tournage s’est fait majoritairement en français, avec des passages en japonais, souligne L’Éclaireur de la Fnac. Le Média social y voit des réflexions sur le métissage des différences et le sens de l’existence. Pour franceinfo, le film traite en profondeur de l’extrême vieillesse.

Le scénario est signé Hamaguchi et Léa Le Dimna. Il s’inspire d’un livre japonais de Makiko Miyano et Maho Isono, consacré à la maladie qui s’aggrave soudainement. Le titre japonais du film signifie d’ailleurs « se sentir mal tout à coup ».

Le film a concouru en compétition officielle au Festival de Cannes. D’après le Label Humanitude, ses deux actrices principales y ont reçu un prix d’interprétation féminine partagé. Il s’agit aussi du premier long métrage en français du cinéaste japonais.

La critique a suivi. Selon AlloCiné, le film affiche une moyenne presse de 4,4 sur 5. Sa durée de 3 h 15 et son rythme lent divisent en revanche une partie du public, relève le blog Happy Life Therapy.

Regard, parole, toucher, verticalité : la méthode filmée au plus près

Le cœur du film tient en un mot. L’Humanitude est une méthode de prise en charge des personnes âgées, en particulier celles atteintes de troubles cognitifs. Elle a été élaborée en France avant de s’exporter au Japon, rappelle franceinfo.

Le film plonge dans un Ehpad engagé dans cette démarche : prendre soin autrement, respecter le rythme de la personne. Le site Bulles de Culture détaille ses quatre piliers : le regard, la parole, le toucher et la verticalité.

Le regard à hauteur d’yeux. La main posée plutôt que saisie. Ces gestes simples, Hamaguchi les filme de près, sans effet.

Un label Humanitude existe depuis 2013. L’association Asshumevie le décerne au terme d’un processus de trois ans. La démarche coûte plusieurs milliers d’euros à l’établissement candidat, toujours selon Bulles de Culture.

Le même site note que le film a fait entendre le mot à un public qui n’ouvre jamais une revue de gérontologie. Trente ans de colloques n’y étaient pas parvenus.

Le paradoxe est réel. Une méthode française, adoptée au Japon, revient dans les salles françaises par la caméra d’un cinéaste japonais. Le détour en dit long sur la faible notoriété de l’Humanitude auprès du grand public.

Humanitude et aidants : ce que montre le film

Aidants familiaux en première ligne
La soirée giennoise cible les proches qui accompagnent une personne âgée au quotidien, souvent sans formation.
Une méthode fondée sur la dignité
L'Humanitude repose sur quatre piliers : le regard, la parole, le toucher et la verticalité.
Du domicile à l'Ehpad
Les principes montrés dans le film concernent aussi les intervenants qui soignent au domicile des personnes âgées.
Un film primé à Cannes
Présenté en compétition officielle en 2026, le film affiche une moyenne presse de 4,4 sur 5 sur AlloCiné.
Un label exigeant
Le label Humanitude, créé en 2013, suppose un processus de trois ans pour l'établissement candidat.

Pourquoi Hamaguchi a tourné dans un Ehpad en activité

Le réalisateur cherchait un thème commun entre le Japon et la France. Il s’est arrêté sur l’Humanitude, un sujet qui le passionne depuis une dizaine d’années, selon franceinfo.

L’équipe a habité dans l’Ehpad pendant les repérages. Des liens se sont noués avec le personnel soignant. Des résidents ont ensuite fait de la figuration ou tenu de petits rôles.

Ce choix change la portée du film. Les gestes de soin montrés à l’écran ne sortent pas d’un studio. Ils viennent d’un lieu réel, avec des soignants réels autour.

La frontière entre fiction et réalité s’amincit. Des résidents jouent leur propre quotidien face à une actrice de premier plan. Le dispositif renforce la crédibilité des scènes de soin aux yeux des professionnels présents lors des projections-débats.

Hamaguchi va plus loin. Lors d’un entretien accordé à franceinfo pendant Cannes, il a estimé que la méthode devrait s’appliquer à l’industrie du cinéma, et même à toute la société.

De Marseille à Gien, le film devient un support de débat

Gien n’est pas un cas isolé. Depuis l’été, « Soudain » circule dans des projections privées et des séances suivies d’échanges. Des établissements labellisés Humanitude ont participé à une projection-débat autour du film, signale le Label Humanitude.

À Marseille, l’avant-première s’est tenue dans une salle des Variétés comble, selon le média Marcelle. Le film y a nourri un échange avec François Crémieux, directeur général de l’AP-HM, et le professeur de philosophie Marc Rosmini.

La séance marseillaise s’inscrivait dans un cycle baptisé Cinéthique. Le principe : prolonger la projection par une réflexion sur le soin, avec des responsables hospitaliers et des intellectuels. Une formule que reprennent, à leur échelle, des villes moyennes comme Gien.

Le schéma se répète. Un film grand public, une salle, puis une discussion entre soignants, familles et spectateurs. Le cinéma ouvre la porte à des sujets rarement abordés en public : la fin de vie, la dépendance, la fatigue des équipes.

Le Giennois mobilisé autour des aidants depuis le 6 octobre

La séance s’inscrit dans un calendrier chargé pour le territoire. Le 6 octobre, le centre hospitalier Pierre-Dezarnaulds de Gien a accueilli une Journée des aidants. Au programme : la projection des « Petites victoires » et une rencontre avec Aline Le Guluche.

Cette date correspond à la Journée nationale des aidants. Hôpitaux, collectivités et associations organisent chaque année des rendez-vous autour de ce temps fort. D’autres villes ont aussi misé sur le grand écran, avec la projection de « La Promesse de l’aidant ».

La soirée giennoise prolonge cette dynamique. Elle déplace le regard de l’hôpital vers le domicile, là où de nombreux aidants accompagnent un proche jour après jour. Le film sert de point de départ, le débat de point d’arrivée.

Pourquoi les soins à domicile ? Parce que l’Humanitude ne se limite pas aux Ehpad. Ses principes valent pour chaque toilette, chaque repas, chaque lever, y compris dans un salon ou une chambre de pavillon.

L’aidant familial, lui, apprend le plus souvent sur le tas. Il se retrouve seul face à un parent qui décline. Voir une équipe chercher la bonne distance et le bon geste peut l’aider à mettre des mots sur son propre quotidien.

Pour les intervenants à domicile, la séance offre aussi un rare moment collectif. Leur métier s’exerce le plus souvent seul, d’un logement à l’autre, avec des temps de passage comptés.

Le film ne fournit pas de mode d’emploi. Il montre une directrice épuisée, des équipes réticentes, une méthode qui exige du temps. Des réalités que ces professionnels du Giennois connaissent bien.

Le label Humanitude a treize ans. Il a fallu un film de 3 h 15 pour que le grand public découvre son nom.

Soudain à Gien : les faits marquants

  • « Soudain » est sorti en salles le 12 août 2026
  • Virginie Efira et Tao Okamoto ont partagé le prix d'interprétation féminine à Cannes
  • Le film met en scène la méthode de soin Humanitude
  • Des résidents d'Ehpad ont joué de petits rôles dans le film
  • Le centre hospitalier de Gien a organisé une Journée des aidants le 6 octobre

Cet article a été rédigé avec l'assistance de l'intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

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Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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