Une association locale vient de rejoindre une plateforme d’accompagnement et de répit, rapporte Ouest-France. Son message tient en une phrase: L’aidant a aussi besoin d’être entendu. Derrière cette formule, un réseau de 220 structures tente en France de soulager ceux qui veillent chaque jour sur un proche malade ou dépendant.
Un tel rapprochement réunit deux savoir-faire. D’un côté, l’association connaît le terrain et les familles. De l’autre, la plateforme dispose de professionnels et peut organiser un relais.
Pour les familles, la question est simple: savoir à quelle porte frapper. Beaucoup d’aidants s’épuisent seuls sans savoir que des solutions existent près de chez eux, parfois gratuitement.
Pourquoi parler d’écoute plutôt que de soins?
La phrase reprise par Ouest-France résume un constat bien connu des professionnels du secteur. Conjoint, enfant ou parent, l’aidant passe souvent après le malade, y compris dans ses propres priorités.
À Aulnay-sous-Bois, la plateforme La Voix des aidants, gérée par Coallia, porte ce message jusque dans son nom. Selon W. Gaudey, cité par Coallia, ce nom a été choisi pour exprimer la souffrance des aidants à un moment de leur vie que tout un chacun doit entendre et comprendre.
Il décrit la situation la plus difficile: un malade resté à domicile et un aidant qui se retrouve seul. Dans ce cas, la plateforme doit soutenir l’aidant, l’apaiser, voire l’accompagner dans la décision de faire entrer son proche en Ehpad.
Au quotidien, ce soutien passe par un rendez-vous, un appel ou un groupe de parole. Rien de spectaculaire. Mais pour quelqu’un qui n’a parlé de sa fatigue à personne depuis des mois, cela change beaucoup de choses.
Garde à domicile, groupes de parole: que proposent ces plateformes?
L’exemple de la Somme donne une idée précise de l’offre. Créée en octobre 2018 à Poix-de-Picardie, la plateforme Somme Ouest Actif s’adresse aux personnes qui aident un proche en perte d’autonomie ou atteint de la maladie d’Alzheimer.
On peut y obtenir un soutien psychologique sur rendez-vous. On peut aussi y trouver du répit: une assistante de soins en gérontologie prend le relais au domicile pendant l’absence de l’aidant, pour une durée de 1 à 3 heures maximum.
Trois heures, c’est le temps d’un rendez-vous médical, d’un passage chez le coiffeur ou d’un déjeuner entre amis. Ce sont des gestes ordinaires que beaucoup d’aidants ne peuvent plus faire.
L’équipe compte trois assistantes de soins en gérontologie et deux psychologues. Tous les services sont gratuits. L’accueil est ouvert du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures, avec une permanence téléphonique jusqu’à 19 heures le mardi.
La plateforme organise aussi des sorties culturelles et des moments de loisirs partagés. Le but est d’éviter que l’aidant s’isole, ce qui guette souvent ceux qui s’occupent d’un proche à plein temps.
À Aulnay-sous-Bois, le fonctionnement est proche. Quand un aidant doit s’absenter, la plateforme peut envoyer un partenaire au domicile. Elle organise aussi des réunions d’information et des groupes d’échange.
Accompagner les aidants familiaux: leviers et limites
Au Havre, un relais possible à la journée et le week-end
En Normandie, l’association La Pommeraie Jean Vanier, à Criquetot-l’Esneval, présente une autre formule. Sa plateforme de répit envoie un professionnel au domicile à la journée ou à la demi-journée, y compris le week-end si besoin.
L’aidant peut ainsi se libérer du temps de façon ponctuelle, pendant que la personne aidée bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Le dispositif a été construit avec le concours de l’Agence régionale de santé pour le territoire du Havre.
Le réseau havrais montre l’intérêt de travailler à plusieurs. Ehpad, accueils de jour, France Alzheimer avec ses cafés mémoire et ses formations d’aidants, ateliers mémoire à domicile: chaque structure apporte sa pièce.
C’est justement ce que cherche une association en rejoignant une plateforme. En s’adressant à un seul endroit, une famille accède à toute une gamme de réponses.
La Voix des aidants a suivi le même chemin. Au fil du temps, elle a noué des partenariats locaux, par exemple avec Artz, une association qui propose aux malades d’Alzheimer des visites de musées en ligne ou sur place.
220 plateformes en France: comment trouver la sienne?
D’après le site spécialisé Bonjour Senior, la France compte 220 plateformes d’accompagnement et de répit. Elles informent, écoutent, conseillent et orientent les aidants qui ont besoin de souffler.
Chacune couvre un territoire précis. La Voix des aidants reçoit par exemple les habitants d’Aulnay-sous-Bois, Sevran, Villepinte, Le Blanc-Mesnil, Drancy et Tremblay-en-France.
Le public change aussi d’une structure à l’autre. Beaucoup ont été pensées pour les proches de malades d’Alzheimer. D’autres accompagnent les familles de personnes handicapées, comme la plateforme Handicap Ouest Oise, à Beauvais, qui publie chaque mois son programme d’activités.
Le premier réflexe est de se renseigner auprès de sa mairie, de son médecin traitant ou du conseil départemental. Les plateformes elles-mêmes orientent vers leurs partenaires quand la demande dépasse leur domaine.
Décret d’août 2025, APA, AJPA: qui paie le relais?
L’argent freine encore beaucoup de familles. Bonjour Senior rappelle qu’un droit au répit existe bien, mais seulement dans le cadre de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et sous conditions.
L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) peut aussi aider à financer ces solutions. Le relayage à domicile et les séjours de répit aidant-aidé sont encadrés depuis le décret n° 2025-827 du 19 août 2025.
Le Collectif Je t’Aide demande d’aller plus loin, avec un droit au répit opposable ouvert à tous les aidants. En 2026, la Journée nationale des aidants, organisée chaque 6 octobre, avait pour thème Tous Aidants! Faisons équipe.
Ce mot d’ordre rejoint celui de l’association qui vient d’intégrer sa plateforme locale. Personne ne devrait s’occuper seul d’un proche. Encore faut-il que ces dispositifs se fassent connaître et que les aidants osent demander de l’aide.
Plateformes de répit: les repères pour les aidants
- Une association rejoint une plateforme d' accompagnement et de répit
- La France compte 220 plateformes de ce type
- Le relais à domicile dure de 1 à 3 heures dans la Somme
- Au Havre, le relais est possible à la journée et le week-end
- Le relayage est encadré par le décret du 19 août 2025
- Le Collectif Je t' Aide réclame un droit au répit opposable
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
La lettre de Aidons nos parents
La lettre des aidants
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