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Congé de proche aidant en 2026, 66,64 € par jour, 3 mois et jusqu’à 264 jours indemnisés

Depuis le 1er janvier 2026, l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) atteint 66,64 euros par jour. Elle compense un congé que l’employeur ne rémunère pas, plafonné à trois mois sauf accord collectif, et peut couvrir jusqu’à quatre proches successifs au cours d’une carrière, soit 264 jours indemnisés.

Un mardi matin, l’hôpital appelle : la mère d’une salariée, atteinte de la maladie d’Alzheimer, ne pourra pas rentrer seule chez elle. Il faut organiser le retour à domicile, chercher une aide, monter un dossier d’allocation personnalisée d’autonomie, et tout cela pendant les heures de bureau. Le législateur a créé le congé de proche aidant pour ce moment de bascule. La Fondation Recherche Alzheimer détaille ce dispositif dans un guide mis à jour pour 2026.

Le mécanisme repose sur deux briques souvent confondues. La première est un droit à absence, garanti par le Code du travail : le salarié suspend ou réduit son activité sans risquer son poste. La seconde est une indemnisation, versée par la protection sociale et non par l’entreprise. Il faut comprendre comment ces deux étages s’articulent, avec leurs plafonds respectifs, pour éviter les mauvaises surprises au moment de déposer la demande.

En chiffres
66,64 €
AJPA par jour en 2026
64,54 € au 1er janvier 2024
66
jours indemnisés par proche aidé
22 jours maximum par mois
264
jours d'AJPA sur une carrière
4 proches maximum depuis 2025
3 mois
durée maximale du congé par défaut
renouvelable, dans la limite d'un an sur la carrière
1 466,08 €
AJPA pour un mois complet
22 jours indemnisés

Articles L3142-16 à L3142-27 : qui a droit au congé de proche aidant

Le congé est encadré par les articles L3142-16 à L3142-27 du Code du travail. Il autorise un salarié à cesser temporairement son activité pour s’occuper d’une personne handicapée ou en perte d’autonomie. Il a remplacé en 2017 l’ancien congé de soutien familial et s’adresse à un public nettement plus large. Les salariés du privé, les agents de la fonction publique, les travailleurs indépendants et les demandeurs d’emploi indemnisés par France Travail peuvent y prétendre, sous conditions.

Le point qui surprend le plus de salariés concerne l’ancienneté. Il n’en faut aucune : le congé peut être demandé dès l’arrivée dans l’entreprise, selon le portail public Pour les personnes âgées. Un salarié embauché la veille dispose donc des mêmes droits qu’un collègue présent depuis quinze ans. À son retour, le maintien dans l’emploi est garanti.

Le délai de prévenance, lui, disparaît en cas d’urgence. Le congé peut débuter sans attendre lorsque l’état de santé de la personne aidée se dégrade brutalement, en situation de crise, ou quand son hébergement en établissement s’interrompt du jour au lendemain. Traduction : la loi a prévu le scénario de l’appel de l’hôpital, celui où personne n’a le temps de remplir un formulaire trois semaines à l’avance.

Trois mois par défaut, un an sur la carrière : la mécanique du fractionnement

La durée du congé obéit à une hiérarchie des normes classique en droit du travail. La convention collective ou l’accord de branche fixe d’abord la durée maximale ; à défaut, c’est un accord d’entreprise qui s’applique. La règle par défaut ne joue qu’en l’absence de tout texte négocié : trois mois maximum.

Ces trois mois ne constituent pas un plafond définitif. Le congé est renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière professionnelle, sauf accord collectif plus favorable. On peut se représenter ce compteur comme une batterie à capacité fixe : chaque période de congé en consomme une partie, et le droit à absence lui-même ne se recharge pas.

La souplesse vient du découpage. Le congé peut être fractionné, et donc pris par morceaux au gré des besoins de la personne aidée : une semaine pour une sortie d’hospitalisation, quelques jours pour un changement d’organisation à domicile. Il peut aussi être converti en temps partiel, mais cette option suppose l’accord de l’employeur. Les agents de la fonction publique peuvent découper le congé plus finement encore, puisqu’ils ont la possibilité de le fractionner en demi-journées.

Ce découpage a un intérêt pratique direct. Un aidant qui accompagne un proche atteint d’une maladie neurodégénérative fait face à des besoins irréguliers, avec des pics (diagnostic, hospitalisation, entrée en établissement) et des périodes plus stables. Prendre trois mois d’un bloc revient à brûler tout son crédit sur la première crise ; le fractionner permet de le répartir sur plusieurs années.

Le congé ne court pas forcément jusqu’à son terme. Il peut s’arrêter par anticipation dans plusieurs situations :

  • le décès du proche aidé ;
  • son admission dans un établissement ;
  • une diminution importante des ressources du salarié ;
  • la prise en charge du proche par un service d’aide à domicile ;
  • le relais pris par un autre membre de la famille, qui pose à son tour un congé de proche aidant.

AJPA et congé aidant : ce qui change vraiment

Une indemnité indexée sur le SMIC
L'AJPA passe de 64,54 € en 2024 à 66,64 € par jour en 2026. Elle est imposable et ne compense pas un salaire supérieur au SMIC.
Le congé dure plus longtemps que l'indemnisation
Le congé peut durer jusqu'à un an sur la carrière, mais l'allocation ne couvre que 66 jours par proche aidé.
Quatre proches sur une carrière
Depuis le 1er janvier 2025, le droit à l'AJPA se recharge pour chaque nouveau proche aidé, dans une limite totale de 264 jours.
Les accords collectifs priment
La convention collective ou l'accord de branche fixe d'abord la durée du congé. La règle des trois mois s'applique seulement en l'absence d'accord.
Les droits à la retraite sont protégés
Le maintien dans l'emploi est garanti. Les périodes indemnisées valident des droits à la retraite grâce à l'assurance vieillesse des aidants.

AJPA à 66,64 euros : ce que vaut une journée d’absence

Pendant le congé, l’employeur ne verse pas de salaire, sauf si le salarié maintient une activité à temps partiel. Le relais financier est assuré par l’allocation journalière du proche aidant, versée par la CAF ou par la MSA. Son montant est fixé à 66,64 euros par jour au 1er janvier 2026, et l’allocation peut être attribuée pour des demi-journées de réduction d’activité.

La comparaison avec les années précédentes montre une progression lente. Au 1er janvier 2024, l’AJPA s’élevait à 64,54 euros par jour et 32,27 euros par demi-journée. L’écart atteint donc 2,10 euros par jour en deux ans. Ce rythme s’explique par le mode de calcul : le montant est indexé sur le SMIC et suit donc les revalorisations du salaire minimum, rien de plus.

Deux plafonds encadrent le versement : 22 jours par mois et 66 jours au total par proche aidé. Sur un mois complet, le calcul donne 1 466,08 euros, selon Retraite Plus. Sur l’ensemble des 66 jours, l’enveloppe représente 4 398,24 euros par personne aidée.

Sur le papier, le chiffre mensuel paraît confortable. En pratique, c’est autre chose. L’allocation est imposable, et pour tout salarié payé au-dessus du salaire minimum, le congé entraîne une perte de revenu nette. Surtout, les 66 jours indemnisés ne couvrent qu’une fraction des trois mois de congé autorisés par défaut, et à plus forte raison de l’année ouverte sur la carrière. Le droit à absence et le droit à indemnisation n’ont pas la même taille : un aidant peut parfaitement être en congé légal sans toucher un euro.

L’AJPA présente un avantage moins visible : les périodes indemnisées permettent de valider des droits à la retraite via l’assurance vieillesse des aidants (AVA). Pour une salariée qui interrompt son activité plusieurs mois, cette continuité des trimestres pèse lourd dans le calcul de la pension future.

264 jours depuis la réforme du 1er janvier 2025

Depuis le 1er janvier 2025, l’AJPA ne fonctionne plus avec un compteur unique : les 66 jours s’appliquent à chaque proche aidé, dans la limite de quatre personnes au cours du parcours professionnel, soit 264 jours au maximum. Un salarié qui soutient à la fois sa mère âgée et son conjoint en situation de handicap peut prétendre à 132 jours d’allocation.

AJAP, AVA, droit au répit : les dispositifs voisins à ne pas confondre

Une seule lettre sépare l’AJPA de l’AJAP, l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie. Les deux dispositifs n’ont pourtant ni le même objet ni la même durée. D’après Bonjoursenior.fr, l’AJAP concerne un proche en phase terminale et exige un certificat médical. Elle s’ouvre à tout salarié sans condition d’ancienneté et se limite à 21 jours, en journées ou en demi-journées. En 2026, son montant journalier est de 66,64 euros pour un salarié à temps plein et de 33,32 euros pour un salarié à temps partiel.

D’autres aides complètent ces deux allocations. Le même site recense 11 millions d’aidants en France et mentionne un droit au répit de 550 euros par an financé via l’APA, en plus de formations gratuites. La prime d’activité, les droits ouverts auprès de France Travail et l’AVA complètent le dispositif pour sécuriser les revenus et la retraite.

Le cas des retraités mérite une précision. L’AJPA est réservée aux actifs, mais un retraité qui travaille à temps partiel peut la percevoir s’il réduit ou interrompt son activité pendant la période d’accompagnement. Le compteur de 264 jours, conçu pour des carrières complètes, suffira-t-il à des aidants qui accompagnent parfois un parent puis un conjoint sur plus d’une décennie ?

Congé proche aidant 2026 : les règles clés

  • Aucune condition d'ancienneté pour demander le congé
  • AJPA fixée à 66,64 € par jour au 1er janvier 2026
  • 66 jours indemnisés par proche aidé, dans la limite de 22 jours par mois
  • Jusqu'à 4 proches aidés sur une carrière, soit 264 jours
  • Congé fractionnable ou convertible en temps partiel avec l'accord de l'employeur
  • AJPA versée par la CAF ou la MSA, imposable et prise en compte pour la retraite

Cet article a été rédigé avec l'assistance de l'intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

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Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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