L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) compense une partie de la perte de revenus de la personne qui cesse ou réduit son activité pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Elle est versée par la CAF, ou par la MSA pour le régime agricole.
En 2026, son montant est d’un peu plus de 66 € par journée. Le nombre de jours indemnisés est compté : 22 par mois au maximum, 66 par personne aidée, et 264 sur l’ensemble de la carrière. Il s’agit donc d’un revenu d’appoint à répartir dans le temps, pas d’un salaire de remplacement durable.
Qui peut percevoir l’AJPA
L’allocation s’adresse aux aidants qui ont une activité professionnelle et qui la réduisent ou l’interrompent. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr liste les publics concernés :
- les salariés et les agents publics, qui doivent d’abord avoir demandé un congé de proche aidant à leur employeur ;
- les travailleurs indépendants, les VRP et les conjoints collaborateurs ;
- les salariés d’un particulier employeur ;
- les stagiaires de la formation professionnelle rémunérée ;
- les demandeurs d’emploi indemnisés, qui suspendent leur recherche d’emploi : leurs allocations chômage sont alors suspendues pendant les jours d’AJPA.
Les retraités sans activité professionnelle n’y ont pas droit. L’aidant doit résider en France de façon stable ; la MSA précise que, depuis le 1er janvier 2026, une résidence d’au moins neuf mois par année civile est exigée.
Les conditions du côté de la personne aidée
L’aidant doit entretenir avec la personne un lien étroit et stable et lui apporter une aide régulière, à titre non professionnel. La personne accompagnée doit se trouver dans l’une de ces situations :
- un taux d’incapacité d’au moins 80 % reconnu par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ;
- une perte d’autonomie évaluée en GIR 1, 2, 3 ou 4 ;
- d’après la MSA, le bénéfice d’une rente d’accident du travail assortie d’une majoration pour tierce personne.
Pour un parent âgé, le justificatif le plus courant est la décision d’attribution de l’APA, qui mentionne le GIR.
Montant 2026 et compteur de jours
La fiche de service-public.gouv.fr consacrée au congé de proche aidant indique 66,64 € par journée et 33,32 € par demi-journée. La MSA et le portail Mon Parcours Handicap affichent pour leur part 66,66 € et 33,33 € au 1er janvier 2026. L’écart est de deux centimes ; le montant qui fait foi est celui notifié par la caisse qui verse l’allocation. À titre de repère, l’AJPA était de 64,54 € par jour en 2024.
Trois plafonds se superposent :
- 22 jours par mois au maximum ;
- 66 jours par personne aidée ;
- 264 jours sur la carrière, soit quatre proches accompagnés.
Ce dernier plafond date du 1er janvier 2025. Auparavant, les 66 jours valaient pour toute la vie professionnelle, quel que soit le nombre de proches aidés. Le décret n° 2024-697 du 5 juillet 2024 a ouvert un nouveau droit de 66 jours pour chaque nouvelle personne accompagnée, explique service-public.gouv.fr. Pour un même parent, le plafond reste de 66 jours. Au sein d’un couple d’aidants, chacun dispose de son propre compteur, précise la MSA.
Les jours peuvent être pris en journées ou en demi-journées, ce qui permet d’étaler l’allocation sur une longue période d’activité à temps partiel.
La demande, puis l’attestation de chaque mois
La démarche se fait auprès de la CAF ou de la MSA, selon le régime de l’aidant. D’après Mon Parcours Handicap et le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr :
- les allocataires de la CAF font leur demande en ligne, depuis leur espace « Mon Compte » ; les autres remplissent le formulaire cerfa n° 16108*01 ;
- les pièces justificatives demandées par la caisse sont jointes au dossier, déposé en ligne ou envoyé par courrier ;
- une fois le droit ouvert, la caisse envoie chaque fin de mois une attestation à compléter avec le nombre de journées et de demi-journées prises. Elle est remplie par l’employeur pour un salarié, ou par l’aidant lui-même dans les autres cas ;
- l’allocation est versée mensuellement, au vu de cette attestation.
Pour un salarié, l’ordre des démarches compte : le congé se demande d’abord à l’employeur, en principe un mois à l’avance, puis l’AJPA à la caisse.
Ce qui ne se cumule pas avec l’AJPA
L’AJPA ne peut pas être versée en même temps que plusieurs revenus de remplacement ou prestations. Les sources officielles citent notamment :
- les indemnités de congé maternité ou paternité ;
- les indemnités journalières de maladie ou d’accident du travail ;
- les allocations chômage, suspendues les jours indemnisés par l’AJPA ;
- l’allocation aux adultes handicapés (AAH), la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) et l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), dans les conditions précisées par la caisse ;
- l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) et l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie ;
- la rémunération de l’aidant par la personne aidée au titre de l’APA ou de la prestation de compensation du handicap.
La MSA signale en outre un non-cumul avec le congé supplémentaire de naissance à compter du 1er juillet 2026.
Impôt et retraite : ce que l’allocation change
L’AJPA est un revenu de remplacement imposable, indique la MSA : elle est à vérifier dans la déclaration de revenus de l’année suivante. Pour toute question sur la déclaration, le service des impôts des particuliers est l’interlocuteur compétent.
Côté retraite, le versement de l’AJPA ouvre automatiquement droit à l’assurance vieillesse des aidants (AVA), selon Mon Parcours Handicap : ce dispositif permet de continuer à acquérir des droits à la retraite pendant la période d’aide. Dans la fonction publique, le congé de proche aidant est assimilé à du service effectif.
Reste une limite à garder en tête : un congé de proche aidant peut durer jusqu’à trois mois, renouvelables, alors que l’AJPA ne couvre que 66 jours par proche. Les aides de la personne accompagnée elle-même, comme le droit au répit prévu par l’APA, peuvent compléter le dispositif.
Questions fréquentes
Un retraité qui aide son conjoint peut-il toucher l’AJPA ?
Non. L’AJPA compense une perte de revenus professionnels : les retraités sans activité n’y ont pas droit. D’autres aides existent du côté de la personne aidée, comme le droit au répit dans le cadre de l’APA.
Peut-on toucher de nouveau l’AJPA après avoir épuisé les 66 jours ?
Pas pour la même personne aidée. Depuis le 1er janvier 2025, un nouveau droit de 66 jours s’ouvre en revanche si l’aidant accompagne un autre proche, dans la limite de 264 jours sur toute la carrière.
Faut-il être en congé de proche aidant pour demander l’AJPA ?
Oui pour les salariés et les agents publics, qui doivent d’abord obtenir ce congé auprès de leur employeur. Les indépendants et les demandeurs d’emploi indemnisés, qui n’ont pas d’employeur, s’adressent directement à leur caisse.
L’AJPA en cinq repères
- L’AJPA est versée par la CAF ou la MSA aux aidants qui réduisent ou cessent temporairement leur activité professionnelle.
- Montant 2026 : 66,64 € par journée selon service-public.gouv.fr (66,66 € selon la MSA), moitié moins par demi-journée.
- Plafonds : 22 jours par mois, 66 jours par personne aidée, 264 jours sur la carrière depuis le 1er janvier 2025.
- La personne aidée doit avoir un taux d’incapacité d’au moins 80 % ou être classée en GIR 1 à 4.
- L’allocation est imposable et ouvre droit à l’assurance vieillesse des aidants.
À lire aussi : Congé de proche aidant : durée, démarches et droits face à l’employeur
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources officielles et spécialisées citées ci-dessous.
Sources
- L’allocation journalière du proche aidant : qu’est-ce que c’est ? — Pour les personnes âgées (CNSA)
- Congé de proche aidant — Service-public.gouv.fr
- Allocation journalière du proche aidant : dans certains cas vous pourrez la percevoir plus longtemps — Service-public.gouv.fr
- Allocation journalière du proche aidant (AJPA) — Mon Parcours Handicap
- L’allocation journalière de proche aidant (AJPA) — MSA
Photo : National Cancer Institute / Unsplash