La téléassistance relie une personne qui vit chez elle à une plateforme d’écoute joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas de chute ou de malaise, une pression sur un bouton porté au poignet ou autour du cou suffit à déclencher un appel. Un téléopérateur évalue la situation, puis prévient les proches désignés ou, si nécessaire, les secours.
Selon l’Afrata, la fédération des opérateurs du secteur, plus de 600 000 personnes sont raccordées à un tel service en France. Derrière ce principe commun, les équipements diffèrent : boîtier fixe ou modèle mobile, déclenchement manuel ou détection automatique de chute, capteurs d’activité dans le logement. Le bon dispositif est celui qui correspond aux habitudes réelles de votre parent, et qu’il acceptera de porter. À l’automne 2026, un point s’ajoute : l’arrêt du réseau 2G, sur lequel fonctionnent encore certains boîtiers.
De l’appel à l’intervention : le déroulé d’une alerte
Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr décrit un fonctionnement en trois temps :
- L’alerte. La personne appuie sur son déclencheur (médaillon, bracelet, montre). Certains équipements envoient l’alerte automatiquement, sans intervention de la personne.
- Le dialogue. Un boîtier installé dans le logement, équipé d’un micro et d’un haut-parleur, met la personne en relation avec un téléopérateur, sans qu’elle ait à décrocher un téléphone.
- La réponse. Si la situation n’est pas urgente, le téléopérateur prévient une personne de la liste de proches. Si la personne ne répond pas ou si la situation est grave, il déclenche les secours.
Au moment de l’abonnement, la famille fournit la liste des personnes à prévenir, capables de se rendre rapidement au domicile. Voisins, enfants ou amis, ils doivent être d’accord, joignables et pouvoir entrer dans le logement.
Les chiffres de l’Afrata donnent la mesure du tri effectué par les plateformes : elle fait état de près de 20 000 appels émis et reçus chaque jour, et seules 2 % des sollicitations sont transmises aux secours publics.
Boîtier fixe ou modèle mobile
L’association de consommateurs Que Choisir distingue deux familles de transmetteurs.
Le transmetteur fixe
C’est le boîtier posé dans le logement. Il se branche sur la ligne téléphonique ou fonctionne avec une carte SIM intégrée, ce qui le rend indépendant de la box internet. Il fonctionne en mains libres, grâce à son micro et à son haut-parleur. Le déclencheur porté par la personne communique avec lui sur une portée de 40 à 100 mètres selon la configuration du logement, de quoi couvrir en général le jardin et les dépendances. La portée réelle se teste lors de l’installation.
Le transmetteur mobile
Bipeur ou montre, il contient sa propre carte SIM et fonctionne sur le réseau mobile, à l’intérieur comme à l’extérieur ; certains modèles proposent une géolocalisation GPS, précise le portail officiel. Il s’adresse aux personnes qui sortent seules. Sa contrainte est l’autonomie : deux à cinq jours sur batterie, ce qui suppose de penser à le recharger. Que Choisir relève aussi que ce transmetteur mobile n’est pas étanche : il supporte quelques gouttes d’eau, pas la douche.
Le détecteur de chute : utile, mais pas infaillible
Le bouton classique a une limite évidente : il faut être conscient et en état d’appuyer. Le détecteur de chute, intégré à certains bracelets ou lunettes, répond à cette situation en déclenchant seul l’alerte.
Que Choisir en précise le fonctionnement : l’appareil alerte le centre en cas de chute lourde suivie d’une perte de conscience ; si personne ne répond dans les 20 à 30 secondes, les secours sont envoyés. Il est bien question de chute lourde : demandez au prestataire comment l’appareil réagit à une chute plus lente, comme un glissement du fauteuil. Le détecteur complète donc le bouton d’alerte, qui reste le moyen le plus sûr lorsque la personne peut l’actionner.
D’autres capteurs existent : détecteurs de mouvement qui signalent une absence d’activité dans le logement, détecteurs de fumée reliés à la plateforme. Aucun ne prévient la chute elle-même : notre guide pour prévenir les chutes d’un parent âgé détaille ce qui réduit ce risque. Et si l’accident est déjà arrivé, la fiche mon parent est tombé reprend les bons réflexes.
Les détails pratiques qui font la différence
- L’étanchéité. Le déclencheur doit pouvoir rester au poignet ou au cou pendant la toilette. Le déclencheur classique porté sur soi est en général étanche ; c’est à vérifier pour tout autre modèle, en particulier mobile.
- Le port effectif. Un médaillon rangé dans un tiroir ne sert à rien. Bracelet, pendentif, montre : mieux vaut laisser votre parent choisir la forme qu’il acceptera de porter.
- L’accès au logement. Les proches désignés doivent avoir un jeu de clés. À défaut, une boîte à clés sécurisée fixée à l’extérieur permet aux intervenants d’entrer sans forcer la porte.
- Le réseau. Pour un boîtier à carte SIM ou un modèle mobile, la couverture mobile au domicile conditionne la fiabilité du service.
- La maintenance. Les centres de téléassistance surveillent à distance l’état des équipements et signalent une pile ou une batterie faible.
À qui s’adresser et que demander avant de signer
Les services de téléassistance sont proposés par des associations, des sociétés privées et certaines communes ou départements. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr conseille de s’adresser à la mairie ou au point d’information local le plus proche pour connaître les prestataires et les aides. Pour repérer ces interlocuteurs, vous pouvez aussi trouver une solution près de chez votre parent. Si votre parent touche l’APA, l’équipe médico-sociale qui a évalué sa situation peut aussi être sollicitée.
L’Afrata, dont les membres représentent près de 80 % des utilisateurs, a adopté une charte commune. Au-delà de ce repère, quelques questions simples permettent de comparer les offres :
- Quel est le prix mensuel, options comprises, et y a-t-il des frais d’installation ou de résiliation ?
- Le contrat comporte-t-il une durée d’engagement ?
- Qui installe le matériel et vérifie la portée du déclencheur dans toutes les pièces ?
- Le boîtier fonctionne-t-il en 4G ou sur la box, et que se passe-t-il en cas de coupure de courant ?
- Que se passe-t-il si aucun proche ne répond ?
- Le service délivre-t-il une attestation fiscale annuelle ?
La téléassistance ouvre droit au crédit d’impôt de 50 % pour les services à la personne lorsqu’elle permet le maintien à domicile d’une personne fragile, indique service-public.gouv.fr. Son coût varie selon le prestataire ; l’abonnement peut aussi être pris en charge, en tout ou partie, par l’APA à domicile ou une caisse de retraite, selon le portail officiel.
Fin de la 2G et du réseau cuivre : faire vérifier le boîtier
L’Arcep cite les systèmes de téléassistance aux personnes parmi les équipements qui peuvent fonctionner uniquement sur les réseaux mobiles 2G ou 3G. Or ces réseaux ferment. En métropole, la 2G d’Orange s’éteint par étapes depuis le 31 mars 2026, avec une généralisation de fin septembre à fin décembre 2026 ; Free Mobile, qui n’a pas de réseau 2G propre, suit le même calendrier. SFR et Bouygues Telecom arrêtent aussi leur 2G d’ici la fin de 2026. La 3G suivra en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues Telecom.
Pour l’Arcep, les équipements non compatibles « devront être remplacés » : elle recommande d’établir dès maintenant un diagnostic avec le fournisseur du service. Concrètement, demandez par écrit au prestataire si le matériel de votre parent fonctionne en 4G, et sinon quand il sera remplacé.
Les boîtiers branchés sur la ligne fixe sont concernés par un autre chantier : la fermeture du réseau cuivre, progressive et par zones, qu’Orange prévoit d’achever fin 2030. L’Arcep rappelle qu’avec un accès par box, comme déjà avec l’ADSL, aucun appel n’est possible pendant une coupure d’électricité. Pour les services d’alerte, elle conseille des équipements sur batterie (téléphone mobile, box adaptée) ou secourus par un onduleur.
Questions fréquentes
La téléassistance fonctionne-t-elle sans ligne fixe ni box internet ?
Oui, certains transmetteurs intègrent une carte SIM et passent par le réseau mobile. Il faut alors s’assurer que la couverture mobile est correcte dans le logement et que l’appareil fonctionne en 4G, la 2G s’arrêtant en métropole d’ici fin 2026 selon l’Arcep.
Peut-on garder son médaillon sous la douche ?
Le déclencheur classique porté sur soi est en général étanche, selon Que Choisir. Ce n’est pas le cas du transmetteur mobile doté d’une carte SIM : le point est à vérifier avant de s’abonner.
Que se passe-t-il si mon parent appuie par erreur ?
Le téléopérateur engage le dialogue par le haut-parleur du boîtier et clôt l’appel s’il n’y a pas de problème. Selon l’Afrata, seules 2 % des sollicitations reçues aboutissent à un appel aux secours publics.
La téléassistance en bref
- Un déclencheur porté sur soi et un boîtier avec micro et haut-parleur relient la personne à une plateforme joignable 24 heures sur 24.
- Le téléopérateur prévient les proches désignés, ou les secours si la situation est grave ou si la personne ne répond pas.
- Le boîtier fixe couvre le logement (portée de 40 à 100 mètres) ; le modèle mobile fonctionne à l’extérieur mais doit être rechargé et n’est pas étanche.
- La 2G s’arrête en métropole d’ici fin 2026 : faites vérifier par le prestataire que le boîtier fonctionne en 4G.
- La mairie ou le point d’information local renseigne sur les prestataires et les aides ; l’APA et les caisses de retraite peuvent financer l’abonnement.
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources officielles et spécialisées citées ci-dessous.
Sources
- La téléassistance — Pour les personnes âgées (portail national)
- Téléassistance : les différents équipements — Que Choisir
- La téléassistance — Afrata
- Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G — Arcep
- Que va changer la fermeture du réseau cuivre ? — Arcep
- Crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile — Service-public.gouv.fr
Photo : İsmail Efe Top / Unsplash
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