Santé & autonomieChutes & mobilitéAprès la chute d’un parent âgé : premiers gestes, bilan et rééducation

Après la chute d’un parent âgé : premiers gestes, bilan et rééducation

Après une chute, deux questions se posent dans l’ordre : la personne peut-elle se relever, et faut-il appeler les secours. L’Assurance maladie décrit une technique en six étapes pour se relever seul, et recommande de consulter son médecin même si la chute paraît bénigne, car douleurs, gonflements ou hématomes peuvent apparaître plus tard.

La suite se joue dans les semaines qui suivent. La peur de retomber peut conduire à ne plus marcher : c’est le syndrome post-chute, qui se traite par une rééducation précoce. À partir de deux chutes en douze mois, la Haute Autorité de santé recommande un bilan complet des facteurs de risque.

En chiffres
2 chutes en 12 mois
seuil à partir duquel la HAS parle de chutes répétées chez les 65 ans et plus
Haute Autorité de santé, recommandation de 2009
15 ou 112
numéros à composer si la personne ne peut pas se relever
ameli.fr, mise à jour du 28 mai 2025
75 ans et plus
âge à partir duquel le service Prado peut être proposé après une hospitalisation
Assurance maladie

Se relever seul : la méthode en six étapes

Premier principe donné par ameli.fr : rester calme et respirer profondément avant de bouger. Si aucune douleur vive n’empêche le mouvement, la technique est la suivante :

  1. basculer sur le ventre en s’aidant de la jambe la plus forte ;
  2. se redresser sur les avant-bras, ramener la jambe la plus forte vers les bras et poser un genou au sol ;
  3. avancer à quatre pattes jusqu’à un meuble stable, chaise ou table ;
  4. se placer à quatre pattes, genoux écartés pour être stable ;
  5. prendre appui sur le meuble et pousser sur la jambe la plus forte pour se mettre debout ;
  6. se retourner et s’asseoir.

L’Assurance maladie conseille de s’entraîner à ce geste avant d’en avoir besoin, de préférence en présence d’une autre personne. Pour le proche, connaître la méthode permet de guider la personne par la voix plutôt que de la soulever à bout de bras.

Si la personne ne peut pas se relever

Dans ce cas, il ne faut pas insister. Les moyens d’alerte listés par ameli.fr :

  • le médaillon ou bracelet de téléassistance, relié à une centrale d’écoute 24 heures sur 24 ;
  • le 112 depuis un téléphone portable, ou le 15 ;
  • à défaut, appeler à l’aide ou faire du bruit pour attirer l’attention.

En attendant les secours : se couvrir avec ce qui est à portée de main, surélever la tête, bouger bras et jambes pour entretenir la circulation. Le temps passé au sol compte. L’Assurance maladie signale que les plaies et lésions des tissus sont plus fréquentes après une station prolongée au sol, et que cette situation favorise aussi le syndrome post-chute. Parmi les signes de gravité que la HAS demande aux médecins de rechercher figure justement l’incapacité à se relever seul.

Pourquoi consulter, même sans blessure apparente

Les fractures les plus fréquentes après une chute concernent le col du fémur, le poignet, les vertèbres, l’épaule et les côtes, surtout en cas d’ostéoporose. Certaines se révèlent tardivement. Quand une immobilisation est nécessaire, l’Assurance maladie liste d’autres risques : décompensation d’une maladie chronique (diabète, insuffisance cardiaque, rénale ou respiratoire), escarres, déshydratation, confusion.

La consultation sert aussi à comprendre pourquoi la personne est tombée. La HAS invite le médecin à rechercher les signes d’une maladie aiguë à l’origine de la chute : trouble du rythme cardiaque, accident vasculaire cérébral, infection, hypoglycémie. Pour le proche, le plus utile est de noter les circonstances : heure, lieu, activité en cours, malaise ou non avant la chute, temps passé au sol, médicaments pris ce jour-là.

Chutes répétées : le bilan recommandé par la HAS

La HAS définit les chutes répétées comme au moins deux chutes sur une période de douze mois chez une personne de 65 ans ou plus. Sa recommandation prévoit une démarche en trois temps : rechercher les signes de gravité, évaluer les facteurs de risque, puis mettre en place une prise en charge qui combine plusieurs interventions.

Les facteurs de risque recherchés sont de deux ordres. Les facteurs prédisposants : âge de 80 ans ou plus, sexe féminin, faiblesse musculaire, troubles de la marche, baisse de la vue. Les facteurs précipitants : problème cardiovasculaire, déficit neurologique, anomalie métabolique, danger dans l’environnement. L’examen comprend des tests simples d’équilibre et de marche, comme l’appui sur un pied ou un test chronométré qui consiste à se lever d’une chaise, marcher quelques mètres et revenir s’asseoir (« timed up and go »).

Les interventions recommandées :

  • révision de l’ordonnance ;
  • correction des facteurs de risque modifiables, y compris dans le logement ;
  • chaussures adaptées ;
  • activité physique régulière et kinésithérapie ;
  • apports en calcium et supplémentation en vitamine D, traitement de l’ostéoporose si nécessaire, sur décision médicale.

La HAS précise que l’information du patient et de ses aidants fait partie de la prise en charge.

Le syndrome post-chute, l’autre conséquence

L’Assurance maladie décrit un syndrome post-chute, de nature phobique, qui survient en particulier après un long moment passé au sol. La personne réduit ses activités, refuse de marcher, a peur de sortir de chez elle. Dans les formes sévères, elle perd les automatismes de la marche et de l’équilibre et panique dès qu’on tente de la mettre debout.

La réponse recommandée est une rééducation précoce et intensive. Pour la famille, les signaux à rapporter au médecin sont concrets : un parent qui ne descend plus chercher son courrier, qui se tient aux murs, qui refuse les sorties qu’il acceptait avant la chute. Des chutes à répétition finissent par restreindre la mobilité, l’autonomie et la vie sociale.

Organiser le retour à domicile et la suite

Après une hospitalisation, l’Assurance maladie propose le service Prado aux patients de 75 ans et plus qui le souhaitent, dès que l’équipe médicale juge que l’hospitalisation n’est plus nécessaire. Un conseiller aide à planifier les premiers rendez-vous avec les professionnels de santé de ville. Ce conseiller rencontre le patient pendant l’hospitalisation.

La téléassistance répond à la question du temps passé au sol. Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr en décrit le principe : un boîtier avec haut-parleur au domicile, un médaillon, une montre ou un bracelet porté en permanence, et un téléopérateur qui, en cas d’alerte, prévient un proche de la liste de contacts ou déclenche les secours. Certains modèles intègrent un détecteur de chute, une géolocalisation ou résistent à l’eau. Les dépenses peuvent être inscrites dans le plan d’aide APA ; des caisses de retraite et des communes accordent aussi des aides. La mairie ou le point d’information local renseigne sur les prestataires.

Questions fréquentes

Faut-il relever soi-même un parent tombé ?

S’il ne souffre pas et peut bouger, le mieux est de le guider dans la technique en six étapes et d’approcher une chaise stable. En cas de douleur vive, de malaise ou d’impossibilité de se relever, il faut appeler le 15 ou le 112 et le couvrir en attendant les secours.

Qu’est-ce qu’une chute « grave » pour un médecin ?

La HAS demande de rechercher un traumatisme modéré à sévère, l’incapacité à se relever du sol et les signes d’une maladie aiguë à l’origine de la chute : trouble du rythme cardiaque, accident vasculaire cérébral, infection, hypoglycémie.

La téléassistance détecte-t-elle automatiquement les chutes ?

Pas toujours. Le dispositif de base est un bouton d’alerte à presser. Certains équipements comportent un détecteur de chute ou de mouvement : le point est à vérifier auprès du prestataire avant de s’abonner.

Après une chute : les réflexes

  • Rester calme, puis se relever en passant par le ventre, le quatre-pattes et l’appui sur un meuble stable.
  • Si la personne ne peut pas se relever : téléassistance, 112 ou 15, se couvrir et bouger bras et jambes en attendant.
  • Consulter le médecin même si la chute paraît bénigne : douleurs et hématomes peuvent apparaître plus tard.
  • À partir de deux chutes en douze mois, la HAS recommande un bilan des facteurs de risque et une révision de l’ordonnance.
  • La peur de retomber peut faire perdre la marche : le syndrome post-chute se traite par une rééducation précoce.

À lire aussi : Prévenir les chutes d’un parent âgé : logement, santé, activité physique

Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources officielles et spécialisées citées ci-dessous.

Photo : Claudio Schwarz / Unsplash

Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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