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Journée des aidants : 49,3 % se disent épuisés ou atteints dans leur santé, les droits au répit en 2026

Ce mardi 6 octobre, la Journée nationale des aidants s’ouvre sur un chiffre : 49,3 % des proches aidants interrogés pour un baromètre Domitys disent faire face à un épuisement total ou à des répercussions directes sur leur santé. La statistique publique mesurait déjà un ordre de grandeur comparable.

Publié le 29 septembre et relayé par Capgeris, ce baromètre réalisé avec le média Grand-Mercredi décrit une fatigue d’abord psychique : près de 85 % des répondants évoquent une fatigue émotionnelle. Plus de 55 % déclarent aussi ne pas connaître leurs droits ou se heurter à la complexité des démarches. Les droits et solutions de répit existent, avec des montants fixés pour 2026, mais ils relèvent de guichets distincts : le département pour l’APA, la CAF ou la MSA pour l’allocation journalière du proche aidant, les caisses de retraite pour d’autres aides.

En chiffres
49,3 %
des aidants interrogés déclarent un épuisement total ou des effets directs sur leur santé
Source : baromètre Domitys et Grand-Mercredi, été 2026, 300 répondants
47 %
des proches aidants d'un senior déclarent au moins une conséquence de l'aide sur leur santé
Source : DREES, Les Dossiers de la Drees, octobre 2024
583,52 €
majoration annuelle maximale de l'APA pour financer le répit d'un aidant indispensable
Source : service-public.gouv.fr

Baromètre Domitys : 49,3 % sur 300 répondants interrogés l'été 2026

La formule « près d’un aidant sur deux », reprise par Capgeris le 29 septembre, provient d’une enquête de Domitys, groupe de résidences services seniors, menée avec Grand-Mercredi. Selon Capgeris, elle a été conduite au cours de l’été 2026 auprès de 300 répondants. Le résultat exact est de 49,3 % de personnes déclarant un épuisement total ou des effets directs sur leur propre santé.

Le temps est au centre des attentes. 81 % des aidants en activité professionnelle disent manquer de temps pour eux-mêmes, 51,2 % des répondants citent en priorité le besoin de retrouver du temps pour soi et 43 % réclament un relais temporaire ou un séjour de répit pour leur proche.

Deux limites invitent à la prudence. L’échantillon de 300 personnes reste réduit, et Capgeris ne mentionne que sa taille et la période d’enquête. Le commanditaire n’est pas neutre non plus : depuis juin 2026, Domitys accueille des séjours de répit développés avec AG2R La Mondiale. Le chiffre gagne à être confronté à une source publique.

La DREES mesurait déjà 47 % d'aidants touchés dans leur santé

Cette source existe. Dans un dossier publié en octobre 2024, la DREES, le service statistique des ministères sociaux, estime à 3,9 millions le nombre de personnes qui aident un proche de 60 ans ou plus vivant à domicile. Parmi elles, 47 % déclarent au moins une conséquence de cette aide sur leur santé : 19 % sur leur santé physique, comme la fatigue ou les troubles du sommeil, et 37 % sur leur santé mentale, de la fatigue morale à l’anxiété. L’étude, signée par Léa Toulemon (Institut des politiques publiques), s’appuie entre autres sur l’enquête CARE-Ménages de 2015.

Les écarts se creusent sous le même toit. Les seniors qui cohabitent avec une personne en perte d’autonomie, qu’ils se déclarent aidants ou non, se disent deux fois plus souvent en mauvaise ou très mauvaise santé que les autres seniors (24 % contre 12 %). 35 % d’entre eux sont en état de détresse psychologique et 39 % ont consommé au moins une fois dans l’année un anxiolytique ou un antidépresseur. Les femmes aidantes déclarent en moyenne davantage de conséquences négatives que les hommes.

Deux enquêtes que tout sépare, taille, méthode et date, aboutissent au même ordre de grandeur : environ un aidant sur deux voit sa santé atteinte.

Répit : 583,52 € par an via l'APA et 220 plateformes

Le premier levier passe par l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie versée par le département aux personnes de 60 ans ou plus classées en GIR 1 à 4. Selon service-public.fr, le plan d’aide peut être majoré lorsque le proche aidant a besoin de répit, dans la limite de 583,52 € par an. Cette somme finance un accueil de jour, un hébergement temporaire ou un relayage à domicile, et doit être utilisée dans l’année qui suit son attribution.

La majoration est réservée au proche aidant dit indispensable. Deux conditions doivent être réunies : la personne aidée serait en danger sans sa surveillance, et personne d’autre qu’un professionnel ne peut le remplacer. Le même statut ouvre une aide ponctuelle si l’aidant est hospitalisé, jusqu’à 1 159,32 € par hospitalisation, pour financer une aide à domicile ou un accueil temporaire de la personne aidée. D’après le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, un lien de parenté ou de résidence n’est pas exigé pour être reconnu proche aidant d’un bénéficiaire de l’APA.

Hors APA, le maillage repose sur les plateformes d’accompagnement et de répit. Le portail national en recense 220. Créées pour les proches de malades d’Alzheimer, elles accueillent depuis 2021 les aidants de personnes âgées, de malades chroniques et de personnes handicapées. Elles informent, forment, animent des groupes d’échanges et organisent des interventions à domicile pour libérer l’aidant une demi-journée ou plus. L’information y est gratuite, certaines prestations pouvant être payantes.

AJPA : 66,64 € par jour, dans la limite de 66 jours

Pour les aidants qui travaillent, le principal droit est le congé de proche aidant, indemnisé par l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr en fixe le montant à 66,64 € par jour en 2026. L’allocation est versée dans la limite de 66 jours pour l’accompagnement d’un proche, et de quatre proches sur l’ensemble de la carrière, soit 264 jours au total. La demande se fait auprès de la CAF, ou de la MSA pour le régime agricole.

Le dispositif ne se limite pas aux salariés : agents publics, travailleurs indépendants, conjoints collaborateurs, stagiaires de la formation professionnelle rémunérée et demandeurs d’emploi indemnisés peuvent y prétendre. Il reste borné. Face aux 81 % d’aidants actifs qui disent manquer de temps, 66 jours indemnisés par proche couvrent une période donnée, pas une aide qui s’étire sur des années.

D’autres droits complètent la palette. Le don de jours de repos entre collègues, anonyme et soumis à l’accord de l’employeur, permet de s’absenter en restant rémunéré. L’assurance vieillesse des aidants ouvre des trimestres de retraite de base, sous conditions. Certaines caisses de retraite financent aussi des relayages, des séjours de répit ou un soutien psychologique.

40 000 places de répit visées par l'État d'ici 2027

Le cadre national date du 6 octobre 2023. Ce jour-là, le gouvernement a présenté sa stratégie de mobilisation et de soutien pour les aidants 2023-2027, qui évaluait à plus de 9 millions le nombre de Français aidant un proche. Le texte prévoit 6 000 nouvelles places de répit pour en atteindre 40 000 d’ici 2027, 15 jours de répit par an à domicile ou en établissement pour les aidants les plus concernés et un interlocuteur unique pour les aidants dans chaque département.

Trois ans plus tard, le baromètre de cette rentrée mesure l’attente : 43 % des aidants interrogés réclament un relais temporaire et 51,2 % veulent d’abord retrouver du temps pour eux. Avec 220 plateformes et une majoration de répit adossée à l’APA, donc réservée aux proches de personnes classées en GIR 1 à 4, la question porte moins sur l’existence des dispositifs que sur leur accès. Les 40 000 places promises pour 2027 suffiront-elles à absorber cette demande ?

Questions fréquentes

D'où vient le chiffre « près d'un aidant sur deux » cité pour la Journée des aidants ?

Il provient d'un baromètre de Domitys réalisé avec Grand-Mercredi à l'été 2026 auprès de 300 répondants : 49,3 % déclarent un épuisement total ou des effets directs sur leur santé. La DREES, sur des données de 2015, mesurait 47 % d'aidants de seniors touchés dans leur santé.

Qui peut bénéficier de la majoration de l'APA pour le répit de l'aidant ?

Le proche aidant d'un bénéficiaire de l'APA, s'il est considéré comme indispensable : la personne aidée serait en danger sans sa surveillance et seul un professionnel pourrait le remplacer. La majoration atteint 583,52 € par an au maximum. Le conseil départemental instruit la demande.

Quel est le montant de l'AJPA en 2026 ?

Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr indique 66,64 € par jour en 2026, dans la limite de 66 jours par proche accompagné et de quatre proches sur la carrière. La demande se fait auprès de la CAF, ou de la MSA pour le régime agricole.

Les repères du 6 octobre

  • Le chiffre de 49,3 % d'aidants épuisés ou atteints dans leur santé vient d'un baromètre Domitys et Grand-Mercredi mené auprès de 300 répondants à l'été 2026.
  • La DREES relevait déjà que 47 % des proches aidants d'un senior déclarent au moins une conséquence de l'aide sur leur santé.
  • L'APA peut être majorée de 583,52 € par an pour le répit d'un aidant indispensable, et de 1 159,32 € par hospitalisation de l'aidant.
  • L'AJPA est fixée à 66,64 € par jour en 2026, dans la limite de 66 jours par proche aidé, et se demande à la CAF ou à la MSA.
  • Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr recense 220 plateformes d'accompagnement et de répit, où l'information est gratuite.

Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

Photo : Nani Chavez / Unsplash

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Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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