1,9 million d’euros: c’est la somme que le Département de La Réunion consacre en 2026 aux actions du GIP-SAP en faveur des proches aidants. Le samedi 17 octobre, cette politique quitte les bureaux pour s’installer au Jardin de l’État, à Saint-Denis, à l’occasion de la 17e Journée nationale des aidants.
Le décor est celui des grands jours dionysiens. Au Jardin de l’État, entre les allées ombragées et les pelouses de l’ancien jardin botanique, le public est attendu dès 8 heures ce samedi, et jusqu’à 17 heures. Pas de billetterie, pas de badge à retirer: l’entrée est gratuite. Les visiteurs attendus en priorité ne portent pourtant aucun signe distinctif. Ce sont des filles qui gèrent les rendez-vous médicaux d’une mère, des conjoints qui veillent la nuit, des parents qui jonglent entre travail et soins. Les aidants.
Pour cette 17e édition, le Groupement d’intérêt public des services à la personne de La Réunion (GIP-SAP), qui porte la démarche Sa Ki Aid, a choisi un mot d’ordre sans détour: Tous engagés en faveur des aidants. La journée est organisée avec le soutien du Département et de la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de La Réunion. Elle s’adresse au grand public autant qu’aux premiers concernés, avec une ambition affichée: faire sortir de l’ombre un engagement quotidien qui, la plupart du temps, ne dit pas son nom.
Écoute, répit, caravane: où vont les 1,9 million d’euros
Le président du Département a lui-même rappelé ce chiffre lors de la présentation de l’événement, début octobre. Pour l’année 2026, la collectivité verse 1,9 million d’euros au GIP-SAP afin de financer ses actions en direction des proches aidants. Cette somme n’a rien d’une ligne budgétaire abstraite. Elle alimente une chaîne de dispositifs qui couvre presque tout le parcours d’un aidant, du premier appel à l’aide au besoin de souffler plusieurs jours.
En amont, on trouve l’écoute et l’accompagnement social et psychologique. C’est souvent la porte d’entrée: un aidant épuisé ne cherche pas d’abord une solution technique, il cherche quelqu’un à qui parler. Viennent ensuite les Cafés des Aidants, ces rencontres collectives où l’on échange entre pairs, loin du cadre médical, sur la fatigue, la culpabilité ou l’organisation du quotidien. Le relais à domicile prend la suite quand l’aidant doit s’absenter quelques heures, pour un rendez-vous ou simplement pour lui-même.
Le dernier étage de l’édifice est celui du répit au sens plein. Le Département cite les séjours de répit et la Maison de répit, deux réponses à une réalité que connaissent tous les professionnels du secteur: sans pause, l’aidant finit par s’user, et sa propre santé devient un sujet. Enfin, la Karavan Sakiaid repose sur une logique d’aller-vers. Sur une île où les distances se mesurent en virages et en dénivelé plus qu’en kilomètres, aller au-devant des familles des Hauts ou des quartiers éloignés n’a rien d’un gadget.
Cyrille Melchior: aucun aidant ne doit rester seul
Le président du Département, Cyrille Melchior, a donné le ton. Sa ligne tient en une idée: aucun aidant ne doit rester seul face à son quotidien. Chacun, à son niveau, peut contribuer à mieux reconnaître, soutenir et accompagner celles et ceux qui prennent soin d’un proche, affirme-t-il. La collectivité a repris le message le 16 octobre, veille de l’événement, sur ses réseaux sociaux, sous une forme plus ramassée encore: l’accompagnement des aidants y est présenté comme une responsabilité collective.
La formule déplace le curseur. Pendant longtemps, l’aide apportée à un parent âgé ou à un proche malade relevait de la sphère privée, presque de l’évidence familiale. À La Réunion comme ailleurs, la solidarité entre générations a longtemps reposé sur la famille élargie, sans que personne songe à nommer ce travail. En parlant d’un engagement de tous, le Département et le GIP-SAP rappellent que cette charge ne peut plus peser sur les seules épaules des proches.
Le choix d’associer la CGSS Réunion à l’organisation va dans le même sens. La présence de l’organisme de sécurité sociale aux côtés de la collectivité départementale montre que la question des aidants concerne à la fois l’action sociale, la santé et la protection sociale. Un aidant qui s’effondre devient, tôt ou tard, un patient.
Soutien aux proches aidants réunionnais: les leviers
Plus de soixante stands, des ateliers coiffure et des musiques péi
Sur place, le programme se veut à la fois pratique et léger. Le cœur de la journée, ce sont les plus de 60 stands installés dans le jardin. Chacun permet de s’informer sur les dispositifs existants et de rencontrer les acteurs du territoire: associations, services publics, structures d’accompagnement. Pour un aidant, l’enjeu est très concret, car le maquis des aides, des sigles et des guichets décourage souvent avant même la première démarche. Réunir en un seul lieu et sur une seule journée les interlocuteurs utiles peut lui épargner des semaines de recherches et d’appels.
Mais l’information n’est qu’une partie du programme. Des ateliers bien-être et coiffure sont proposés, et des animations musicales péi accompagnent toute la journée. Le détail peut faire sourire. Il dit pourtant quelque chose d’essentiel. Un aidant qui s’accorde une coupe de cheveux ou une heure de détente, c’est un aidant qui, pour une fois, s’occupe de lui. Le GIP-SAP compte sur cette parenthèse pour attirer ceux qui ne pousseraient jamais la porte d’un bureau d’information, dans un lieu de promenade familier des Dionysiens, ouvert et central, loin de la solennité d’une salle de conférence.
Du 6 octobre national au samedi 17 octobre réunionnais
Les Réunionnais attentifs l’auront remarqué: la date ne correspond pas au calendrier national. En métropole, la Journée nationale des aidants a lieu chaque année le 6 octobre. Le rendez-vous a été créé en 2010, et 2026 marque sa 17e édition. La date s’inscrit dans la Semaine bleue, consacrée aux aînés et aux solidarités entre générations, qui se déroule cette année du 5 au 11 octobre.
Le thème diffère lui aussi. À l’échelle nationale, le Collectif Je t’Aide a retenu pour 2026 le slogan Tous aidants. Tous concernés. Faisons équipe. L’idée centrale est la même qu’à Saint-Denis: accompagner un proche relève d’un travail d’équipe entre la famille, les professionnels et les institutions, pour préserver le bien-être de la personne aidée comme celui de l’aidant. La version réunionnaise, Tous engagés, met davantage l’accent sur la mobilisation, comme si le temps de la prise de conscience avait cédé la place à celui de l’action.
Le choix d’un samedi, alors que le 6 octobre tombait cette année un mardi, compte aussi. Une journée au jardin en fin de semaine peut toucher un public qu’un événement en semaine n’atteindrait pas, à commencer par les aidants qui travaillent et consacrent déjà leurs soirées à leur proche.
Ces millions d’aidants qui ne se reconnaissent pas comme tels
Le principal obstacle n’est pas toujours financier. Il tient d’abord à l’identité. Chaque jour, des millions de personnes soutiennent un parent âgé, un conjoint ou un proche en perte d’autonomie, rappelle le portail Pour les personnes âgées. Beaucoup s’engagent sans jamais se définir comme aidants. Ils se voient comme des fils, des épouses ou des voisins dévoués, rarement comme les maillons d’une chaîne de soins dont ils sont pourtant un pilier.
Cette invisibilité a un coût. Accompagner un proche demande du temps et de l’énergie, et peut peser sur la vie personnelle, familiale ou professionnelle. Le portail public insiste sur un point: il existe des solutions pour être soutenu, informé et accompagné. Encore faut-il savoir qu’elles existent, et accepter d’y avoir droit. Tout le pari d’une journée comme celle du Jardin de l’État est là: faire d’une identité floue un droit reconnu, et d’un épuisement silencieux une demande d’aide exprimée.
Avec 1,9 million d’euros engagés cette année et des dispositifs qui vont de l’écoute à la Maison de répit, le Département a des outils en main. La vraie question se posera dès le lundi suivant: parmi les visiteurs du samedi, combien pousseront, dans les semaines à venir, la porte d’un Café des Aidants ou partiront en séjour de répit?
Journée des aidants 2026 à Saint-Denis: les repères
- Samedi 17 octobre 2026, de 8h à 17h, au Jardin de l'État à Saint-Denis
- Thème réunionnais: Tous engagés en faveur des aidants
- Organisation par le GIP-SAP Réunion, avec le soutien du Département et de la CGSS
- 1,9 million d' euros versés par le Département au GIP-SAP en 2026
- Plus de 60 stands, des ateliers bien-être et coiffure, des animations musicales péi
- La journée nationale se tient chaque 6 octobre depuis 2010
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
La lettre de Aidons nos parents
La lettre des aidants
Chaque mardi : les aides qui changent, un guide pratique et les démarches à ne pas manquer.
Gratuit. Un e-mail de confirmation, puis une lettre par semaine. Désinscription en un clic dans chaque envoi. Vos données