En France, un senior sur trois est victime d’une chute, et 20 000 décès par an sont liés à ce phénomène selon les chiffres officiels relayés par Le Bien Public. À Dijon, le podologue Pascal Chenut travaille depuis des années sur une réponse qui s’exporte aujourd’hui à l’international.
Le quotidien régional consacre un portrait à ce praticien dijonnais. Son travail, mûri en cabinet bien avant d’attirer l’attention, circule maintenant hors de France. Il aborde le problème sous l’angle de sa profession, celui du pied, premier capteur de l’équilibre humain.
Ce parcours n’a rien à voir avec celui d’une start-up née dans un incubateur. Il part d’une observation clinique répétée pendant des années, patient après patient. C’est souvent de là que sortent les solutions de prévention les plus robustes.
Proprioception plantaire: ce que le podologue voit avant la chute
Pour comprendre l’intérêt d’un regard de podologue, il faut décortiquer la mécanique de l’équilibre. Le cerveau croise trois flux d’information: la vision, l’oreille interne et la proprioception, c’est-à-dire la perception de la position du corps grâce aux capteurs des muscles, des articulations et de la peau.
La plante du pied fait partie des zones les plus riches en récepteurs de pression. Elle renseigne en continu le système nerveux sur la répartition du poids et sur la nature du sol. Traduction: chaque pas envoie un compte rendu au cerveau, qui corrige la posture en quelques fractions de seconde.
Avec l’âge, ce capteur se dégrade, tout comme la vue et l’audition. Ça ressemble à une voiture dont le système de contrôle de trajectoire perdrait un capteur de roue: elle roule encore, mais elle rattrape mal le premier dérapage.
Les recommandations publiques placent d’ailleurs le pied parmi les leviers de prévention. Le portail officiel Pour les personnes âgées conseille de prendre soin de ses pieds et de se chausser correctement, en évitant les chaussures qui ne maintiennent ni le pied ni le talon. Il y associe une activité physique régulière, une alimentation suffisante et un suivi de la vue et de l’audition.
10 000 ou 20 000 morts par an: pourquoi les chiffres divergent
Les chiffres de mortalité ne concordent pas d’une source à l’autre. Le Bien Public cite 20 000 décès annuels liés aux chutes. La Fondation MAIF avance de son côté près de 2 millions de chutes par an chez les personnes âgées, à l’origine de 130 000 hospitalisations et de près de 10 000 décès.
L’écart tient probablement au périmètre retenu. Certaines statistiques ne comptent que les décès directement causés par la chute, d’autres y ajoutent les décès survenus dans les semaines suivantes, après une fracture du col du fémur ou une longue immobilisation.
Le rapport entre les chiffres de la Fondation MAIF donne une idée de la gravité: près d’une chute sur quinze se termine à l’hôpital. Selon Europe 1, la Cour des comptes a chiffré le coût de ces chutes à 2 milliards d’euros par an, dont une partie serait évitable.
Le coût humain ne se limite pas aux fractures. Le plan antichute des personnes âgées décrit des conséquences physiques, psychologiques et sociales, qui marquent une rupture dans la vie des individus et une perte d’autonomie. Beaucoup de personnes qui ont chuté une fois réduisent ensuite leurs déplacements par peur de recommencer.
Chutes des personnes âgées: ce qui est en jeu
Sédentarité: le cercle vicieux pointé par Capaidants
Les acteurs de la prévention décrivent bien ce mécanisme de repli. Capaidants, l’un des deux programmes soutenus par la Fondation MAIF avec PÉCHUS, constate qu’en France la chute est encore vue comme une fatalité liée à l’âge.
Par précaution, l’entourage pousse souvent les aînés à limiter leurs mouvements. Or cette sédentarité accélère la perte musculaire et augmente justement le risque de chute. La protection mal pensée finit par fabriquer le danger qu’elle voulait éviter.
Capaidants a développé l’application Actiduo, qui associe activité physique et lien social. Le programme prône un mouvement encadré dans un cadre sécurisé. Il rappelle également que près de 2 millions de seniors souffrent d’isolement social, un facteur qui aggrave la sédentarité.
L’approche du podologue et celle de ces programmes se complètent. Les uns entretiennent le muscle et la motivation, l’autre agit sur l’interface entre le corps et le sol. Sans appui fiable, l’exercice reste risqué, et sans exercice, le meilleur appui ne compense pas la fonte musculaire.
Dijon, Ville amie des aînés, un terrain favorable aux innovations
Le contexte local aide. Dijon a obtenu la plus haute distinction du label Ville amie des aînés , d’après le guide municipal destiné aux seniors. La ville défend l’idée qu’une cité agréable pour les seniors l’est pour tous.
La municipalité s’appuie sur la Maison des seniors, un site internet dédié et un portail d’inscription aux animations. La Papothèque, un dispositif mobile, va à la rencontre des aînés dans les quartiers pour recueillir leur parole, tandis que les espaces Dijilink accompagnent ceux qui ont du mal avec le numérique.
Ce maillage compte pour la prévention des chutes. Un dispositif, aussi pertinent soit-il, ne sert à rien s’il n’atteint pas les personnes concernées. Les relais de proximité permettent de repérer les seniors fragiles avant le premier accident.
Le logement reste le premier lieu de chute. Les pouvoirs publics recommandent des bandes antidérapantes sous les tapis, des nez de marches antidérapants, des mains courantes et des barres d’appui. Ils conseillent aussi d’éviter les zones d’ombre et d’installer un chemin lumineux pour les levers nocturnes.
Prévenir plutôt que détecter: un choix technique
Le marché des solutions antichute est dominé par la détection: bracelets, montres connectées, capteurs ou téléassistance. Ces outils sont utiles, mais ils interviennent après l’accident. Ils réduisent le temps passé au sol, pas le nombre de chutes.
Sur le papier, la promesse d’un objet connecté qui protège le senior est séduisante. Dans les faits, une alerte envoyée en quelques secondes n’évite ni la fracture ni la peur de retomber. C’est un airbag, quand la prévention s’apparente plutôt à l’ABS: elle empêche la perte de contrôle.
Le travail d’un podologue comme Pascal Chenut se situe en amont. Il s’attaque aux causes mécaniques, c’est-à-dire l’appui, la stabilité et la qualité de l’information transmise par le pied, plutôt qu’aux conséquences. Cette logique rejoint celle de la Fondation MAIF, qui finance des programmes de prévention et non de surveillance.
Qu’une solution née dans un cabinet dijonnais trouve preneur à l’étranger montre aussi que la chute des seniors n’est pas un problème franco-français. Tous les pays dont la population vieillit cherchent des réponses simples, peu coûteuses et utilisables au quotidien.
Une question demeure: l’expertise des podologues sera-t-elle davantage intégrée aux parcours de prévention financés par l’Assurance maladie? Face à une facture estimée à 2 milliards d’euros par an, le pied pourrait devenir un levier de santé publique beaucoup plus sérieux qu’on ne le pensait.
Prévention des chutes à Dijon: les repères
- Pascal Chenut est podologue à Dijon
- Sa solution contre les chutes s' exporte à l' international
- Un senior sur trois chute chaque année en France
- La Fondation MAIF soutient les programmes Capaidants et PÉCHUS
- Dijon détient la plus haute distinction du label Ville amie des aînés
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
La lettre de Aidons nos parents
La lettre des aidants
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