Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit 200 millions d’euros pour recruter 3 700 professionnels supplémentaires en EHPAD. Une enveloppe en hausse, glissée dans un texte d’économies qui demande dans le même temps un effort marqué aux retraités et laisse l’aide à domicile au régime sec.
Il est 19 heures dans une unité d’EHPAD. Le repas du soir vient d’être débarrassé et l’équipe de service doit encore distribuer les traitements, aider chaque résident à se préparer pour la nuit, répondre aux sonnettes qui s’allument dans le couloir. Les familles qui rendent visite à un parent connaissent cette scène par cœur: des personnels qui passent d’une chambre à l’autre au pas de course, et un temps accordé à chacun qui se compte en minutes. C’est précisément ce manque de bras que le gouvernement dit vouloir combler avec son budget pour l’an prochain.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le jeudi 1er octobre 2026 les deux textes budgétaires pour 2027: le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le PLFSS. Le cadre est serré. L’exécutif vise un effort de redressement des comptes publics de 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles, et veut ramener le déficit de la Sécurité sociale de 21,8 à 12,7 milliards d’euros. Dans ce paysage de rigueur, le grand âge fait partie des rares postes qui progressent.
3 700 recrues pour 200 millions: à quoi sert l’enveloppe?
La mesure phare tient en une ligne du PLFSS: 200 millions d’euros fléchés vers le recrutement de 3 700 professionnels supplémentaires en EHPAD au cours de l’année 2027, selon le Portail national de la Silver économie et du bien-vieillir. Rapportée au nombre de postes, la somme représente un peu plus de 54 000 euros par recrutement. Cet ordre de grandeur correspond à des emplois stables à temps plein, charges comprises, plutôt qu’à des renforts ponctuels ou à des vacations de remplacement.
Pour un résident, l’effet attendu se mesure en temps humain: une toilette moins expédiée, une aide au repas qui laisse le temps de manger à son rythme, une réponse plus rapide la nuit. Mais il faut garder les proportions en tête. Réparties entre plusieurs milliers d’établissements sur tout le territoire, 3 700 personnes représentent rarement plus d’un poste supplémentaire par maison de retraite. Le renfort sera sensible dans certaines équipes, sans bouleverser le quotidien partout. Et un poste financé n’est pas toujours un poste pourvu: les métiers du soin aux personnes âgées peinent depuis des années à attirer des candidats.
Pourquoi la facture mensuelle du résident ne baisse pas pour autant
C’est la question que posent beaucoup de familles: si l’État met davantage d’argent dans les EHPAD, la mensualité va-t-elle diminuer? La réponse est non, et elle tient au mode de financement des établissements. Le prix d’une place se découpe en trois volets. Le volet soins est payé par l’Assurance maladie. Le volet dépendance est couvert en grande partie par l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie versée par les départements. Le volet hébergement, enfin, recouvre le logement, les repas, l’entretien et l’animation: il est réglé par le résident ou sa famille.
Les crédits votés dans le PLFSS alimentent surtout le premier volet. Ils améliorent l’encadrement, sans toucher au tarif hébergement, qui constitue le gros de la facture que reçoivent les familles chaque mois. Or ce tarif suit sa propre trajectoire: Cap Retraite relève déjà les premières hausses de prix des EHPAD à la rentrée 2026 et anticipe d’autres évolutions en 2027. Pour un ménage qui finance la place d’un parent, mieux vaut vérifier dès maintenant les aides mobilisables, de l’aide au logement à l’aide sociale à l’hébergement du département, en passant par l’avantage fiscal lié aux frais de dépendance et d’hébergement.
Grand âge: ce que prévoit le PLFSS 2027
Une hausse de 2,6 % pour l’autonomie et des EHPAD qui changent de rôle
Au-delà des recrutements, l’objectif général de dépenses consacré aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap progresserait de 2,6 % en 2027. Une progression réelle dans un budget qui cherche partout des économies, mais qui doit financer à la fois les établissements, les services à domicile et les structures pour personnes handicapées, avec des salaires qui augmentent eux aussi.
Le texte poursuit également la transformation des établissements en maisons France autonomie. L’idée est de faire de l’EHPAD un point d’appui pour tout un quartier ou un bassin de vie, et pas seulement un lieu où l’on entre en fin de parcours. Le gouvernement maintient l’objectif de 500 EHPAD dotés d’un centre de ressources, capables d’épauler des personnes âgées restées chez elles: conseils, accès à certains soins, relais pour les aidants. Il conserve aussi la cible de 25 000 places supplémentaires de SSIAD, les services de soins infirmiers à domicile, qui envoient des aides-soignants et des infirmiers au domicile des personnes âgées pour les toilettes et les soins du quotidien. Pour une famille, ces dispositifs peuvent faire la différence entre un maintien à domicile possible et une entrée en établissement précipitée.
APA et PCH revalorisées de 0,8 %: le domicile oublié du budget?
C’est sur ce terrain que le projet de budget suscite les critiques les plus vives. Le tarif national socle de l’APA et de la PCH, la prestation de compensation du handicap, ne serait revalorisé que de 0,8 % en 2027. Ce tarif fixe le montant horaire minimal versé par les départements aux services d’aide à domicile pour chaque heure d’intervention. En face, le Smic a augmenté de 2,41 % depuis juin 2026, et ce sont des salariés souvent payés au voisinage du salaire minimum qui assurent ces heures.
L’écart pèse directement sur les comptes des services: quand les salaires montent trois fois plus vite que la recette horaire, il faut rogner ailleurs, réduire les heures, allonger les délais de prise en charge ou reporter une partie du coût sur les bénéficiaires. Une organisation du secteur citée par le Portail national de la Silver économie résume le malaise: Nous sommes très loin du fameux virage domiciliaire. Elle dénonce un désengagement et une incapacité des pouvoirs publics à engager une réforme de fond des services d’aide à domicile, plébiscités par les Français. Le paradoxe saute aux yeux: le gouvernement affiche le maintien à domicile comme priorité, tout en laissant stagner le principal levier qui le finance au quotidien.
Pensions et abattement fiscal: la part demandée aux retraités en 2027
Ce budget de l’autonomie ne peut se lire sans le volet retraites, car ce sont les pensions qui paient, mois après mois, le tarif hébergement des résidents. Le gouvernement assume une forte mise à contribution des retraités. Certaines pensions pourraient être revalorisées moins vite que l’inflation. Les plus modestes sont protégés: lorsque le total des retraites de base et complémentaires reste sous 1 260 euros, la pension de base suivra la formule réglementaire. D’après les calculs du site MoneyVox, cette revalorisation devrait atteindre 1,70 % en janvier 2027, une hausse qui concernera aussi l’Aspa, l’ancien minimum vieillesse.
Le projet de loi de finances prévoit en parallèle d’abaisser le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, de 4 439 euros pour les revenus 2025 à 3 000 euros. Le plafond étant atteint dès 30 000 euros de pensions annuelles déclarées par foyer, ce sont les retraités aux revenus intermédiaires et aisés qui verraient leur impôt augmenter. S’y ajoute une piste visant la majoration de 10 % accordée aux parents de trois enfants et plus, qui deviendrait un montant forfaitaire au lieu d’un pourcentage de la pension.
Pour une famille dont le parent vit en EHPAD, l’équation est simple: une pension qui progresse moins vite que les prix, face à un tarif hébergement qui continue de grimper, cela signifie un reste à charge plus lourd, souvent comblé par les enfants. Les deux textes doivent maintenant passer l’épreuve du Parlement, où les arbitrages sur l’aide à domicile et sur les pensions seront âprement discutés. D’ici là, les familles ont intérêt à surveiller deux rendez-vous: le nouveau tarif hébergement annoncé par l’établissement de leur proche, et le niveau de revalorisation de sa pension en janvier. Les 3 700 recrues promises suffiront-elles à faire accepter le reste de la facture?
Budget 2027 et EHPAD: les mesures clés
- Budget 2027 présenté le 1er octobre 2026 par Sébastien Lecornu
- 200 millions d' euros pour 3 700 recrutements en EHPAD
- Dépenses pour l' autonomie en hausse de 2,6 %
- Tarif socle APA et PCH revalorisé de seulement 0,8 %
- Objectif de 25 000 places de SSIAD supplémentaires
- Plafond de l' abattement de 10 % des retraités abaissé à 3 000 euros
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
- Budget 2027 : retraites, EHPAD, aide à domicile… Quelles mesures pour les personnes âgées ? – Portail National de la Silver économie et du bien-vieillir
- Prix EHPAD rentrée 2026 : les premières hausses …
- Budget 2027 : ces 3 mesures qui vont toucher au porte-monnaie des retraités
- Budget 2027 et retraite : ce que propose le gouvernement
- 2027 Budget: Are New Measures Coming for Current and Future Retirees?
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