Samedi, à Mauron, dans le Morbihan, 134 convives âgés de plus de 70 ans ont pris part au traditionnel repas des aînés. La municipalité y a mis à l’honneur les doyens de l’assemblée, mais aussi les aidants, ces proches qui accompagnent chaque jour une personne fragilisée par l’âge ou la maladie.
Samedi à Mauron, 134 invités de plus de 70 ans réunis
Ouest-France donne le chiffre : 134 convives, tous âgés de plus de 70 ans, ont répondu samedi à l’invitation de la commune. Ce repas offert aux aînés revient chaque année dans le calendrier municipal.
Comme le veut l’usage, la municipalité a salué les doyens de l’assemblée au nom de tous les habitants. Ce moment protocolaire donne à la journée sa portée symbolique : la commune rend un hommage public à celles et ceux qui l’ont vue changer au fil des décennies.
L’hommage s’est également adressé aux aidants. Le regard se déplace donc du seul grand âge vers ceux qui rendent la vie quotidienne possible, souvent loin des projecteurs.
166, puis 190, puis 134 : ce que disent les chiffres du CCAS
Pour mesurer l’écart, les éditions précédentes servent de repère. En novembre 2021, d’après Les Infos du Pays Gallo, le repas du CCAS avait réuni 166 participants.
Deux ans plus tard, fin octobre 2023, le même journal comptait 190 convives à la salle Moronoë, dont 50 résidents des deux Ehpad de la commune. Le maire, Yves Chasles, y voyait alors une tradition « bien ancrée » à Mauron, une journée dédiée à l’amitié et à la solidarité.
Sur le papier, le chiffre de cette année marque un recul. Mais la comparaison a ses limites : rien n’indique que le périmètre soit identique d’une édition à l’autre, et la seule présence des résidents d’Ehpad suffit à faire varier le total de plusieurs dizaines de personnes.
Dans les communes rurales, la participation à ces repas dépend de facteurs très concrets : l’état de santé des invités, leur capacité à se déplacer, la présence d’un proche pour les accompagner. C’est exactement là qu’interviennent les aidants.
Doyens et aidants à Mauron : les enjeux
Derrière les doyens, 11 millions d’aidants en France
Associer les aidants à une fête des aînés n’a rien d’anodin. En France, ils sont 11 millions à soutenir au quotidien un proche en perte d’autonomie.
Selon le Fonds des aidants, un Français sur six tient aujourd’hui ce rôle, et la proportion devrait atteindre un sur quatre en 2030. Cette projection reflète le vieillissement attendu de la population.
Beaucoup de ces aidants travaillent aussi. La Maison des aidants estimait à 4,6 millions le nombre de ceux qui mènent en parallèle une activité professionnelle, avec tout ce que cela implique : imprévus, horaires à aménager, fatigue accumulée.
Le monde de l’entreprise offre un point de comparaison utile. Les politiques de ressources humaines commencent à prendre en compte le salarié aidant. Les communes, elles, disposent d’un levier plus modeste mais visible : la reconnaissance publique.
Mauron, 3 163 habitants, deux Ehpad et un réseau d’aide ancien
Aux portes de la forêt de Brocéliande, Mauron comptait 3 163 habitants en 2023. La commune appartient à Ploërmel Communauté depuis la dissolution, fin 2016, de la communauté de communes de Mauron en Brocéliande, qui regroupait sept communes.
Le secteur médico-social pèse dans la vie locale. Mauron compte deux Ehpad, dont le Papillon d’or, et l’ADMR locale a fêté ses 50 ans en septembre 2014, preuve d’un réseau d’aide à domicile installé de longue date.
Ce maillage explique en partie le choix d’honorer les aidants. Dans un territoire rural où les services sont éloignés, les proches et les intervenants à domicile constituent souvent le premier rempart contre l’isolement.
De la Libération aux repas du CCAS, la mémoire des plus de 90 ans
La mémoire collective a aussi sa place dans ces rendez-vous. En 2024, la commune avait célébré les 80 ans de la Libération en rendant hommage à ses libérateurs. Les doyens d’aujourd’hui sont parfois les derniers témoins de cette époque.
Les éditions passées montrent l’âge atteint par les personnes honorées. En 2021, Les Infos du Pays Gallo citait parmi les doyens du repas Joseph Huet et Lucien Servy, tous deux âgés de 93 ans, ainsi que des résidents du Papillon d’or âgés de 95 à 98 ans.
Thérèse Chapron, née Leblanc, figurait parmi les visages familiers de ces hommages. Elle s’est éteinte fin décembre 2024, à 95 ans.
L’écart entre le seuil d’invitation, fixé à 70 ans, et l’âge des doyens couvre plus de deux décennies. Deux générations d’aînés partagent donc la même table, et certains des plus jeunes invités sont eux-mêmes aidants d’un parent plus âgé.
Avec l’augmentation attendue du nombre d’aidants d’ici 2030, la question ne sera plus de savoir si les communes rurales maintiendront ces repas. Elle portera sur les moyens de faire venir ceux qui ne peuvent plus se déplacer seuls.
Repas des aînés de Mauron : les faits clés
- 134 convives de plus de 70 ans réunis samedi
- Les doyens et les aidants mis à l'honneur
- 190 convives au repas du CCAS en 2023
- Deux Ehpad sur la commune de Mauron
- 11 millions d'aidants en France
Cet article a été rédigé avec l\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'assistance de l\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
La lettre de Aidons nos parents
La lettre des aidants
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