Un appel de la « banque » qui signale une fraude en cours, un SMS d’un prétendu organisme public qui réclame une mise à jour de dossier, un écran bloqué qui ordonne d’appeler un numéro de dépannage : ces trois scénarios reposent sur le même ressort, l’urgence. La plateforme publique Cybermalveillance.gouv.fr leur consacre des fiches détaillées, avec une règle commune : ne jamais agir sous la pression, raccrocher et vérifier soi-même.
Ce guide porte sur la prévention : reconnaître ces scénarios, puis poser avec votre parent quelques réglages simples sur sa banque et son téléphone. Les démarches à faire si l’arnaque a déjà eu lieu sont rassemblées dans une fiche dédiée, indiquée en fin de guide.
Le faux conseiller bancaire : un appel qui rassure pour mieux voler
L’escroc se présente comme un conseiller ou un agent du service anti-fraude de la banque. Il annonce des opérations suspectes et propose de les bloquer. Pour cela, il demande des codes reçus par SMS ou la validation de notifications dans l’application bancaire. En réalité, chaque validation autorise un achat, un virement ou l’ajout d’un bénéficiaire.
Selon Cybermalveillance.gouv.fr, l’appel est crédible parce que l’escroc dispose souvent d’informations personnelles sur sa victime et peut usurper le numéro de téléphone de la banque. Il lui arrive d’obtenir le code de la carte, puis d’envoyer un faux coursier la récupérer à domicile.
La plateforme est formelle : jamais un conseiller bancaire ne demande un mot de passe ou un code de confirmation. Face à ce type d’appel, votre parent doit raccrocher et rappeler sa banque par ses moyens habituels, jamais au numéro donné par l’appelant, et ne remettre sa carte à personne.
Le message piégé : hameçonnage par courriel et par SMS
L’hameçonnage (phishing) consiste à envoyer un faux courriel, un faux SMS ou à passer un faux appel en se faisant passer pour un tiers de confiance (banque, opérateur, administration, site de commerce) afin de soutirer des données personnelles ou bancaires. Le message renvoie vers un faux site qui imite le vrai. Les réflexes recommandés par Cybermalveillance.gouv.fr :
- ne jamais transmettre de mot de passe ou de données bancaires par message ou par téléphone ;
- en cas de doute, ne pas cliquer et contacter directement l’organisme par son site ou son numéro habituel ;
- survoler un lien sans cliquer pour voir sa vraie destination, ou passer par un favori enregistré soi-même ;
- vérifier l’adresse du site dans la barre du navigateur : un seul caractère peut avoir été modifié.
Signaler aide à faire bloquer les sites frauduleux : les courriels sur Signal Spam, les SMS par transfert au 33700, les adresses de faux sites sur Phishing Initiative.
Le faux support technique : l’écran bloqué qui demande d’appeler
Une fenêtre envahit l’écran, parfois avec une alarme sonore : l’ordinateur serait infecté et il faudrait appeler d’urgence un numéro de support. Au bout du fil, un faux technicien demande à prendre la main à distance sur l’appareil, facture un dépannage fictif et peut en profiter pour accéder aux comptes bancaires. Les préjudices vont de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros, selon Cybermalveillance.gouv.fr, qui rappelle qu’aucun support technique officiel ne contacte un particulier ni ne lui demande de l’appeler.
Ce qu’il faut apprendre à votre parent : ne pas appeler le numéro affiché, fermer la fausse alerte (touche Échap ou F11) et, si elle résiste, redémarrer l’appareil. En prévention : mises à jour de sécurité, antivirus à jour, méfiance envers les liens publicitaires.
Les réglages bancaires à poser avec votre parent
Quelques réglages limitent ce qu’un escroc peut obtenir, même s’il trompe votre parent. Ils se font dans l’application de la banque ou avec le conseiller, idéalement ensemble.
- Un plafond de virement instantané adapté. Depuis le 9 octobre 2025, chaque banque fixe un montant maximal pour ces virements, et ce plafond doit pouvoir être modifié à la demande du client, indique la Banque de France. Elle conseille de garder un plafond adapté à son profil et de le réduire si nécessaire : un virement instantané exécuté est irrévocable.
- La vérification du bénéficiaire. Avant l’envoi d’un virement, la banque contrôle que l’IBAN correspond bien au nom du bénéficiaire. La Banque de France recommande fortement d’utiliser ce service, qui aide à prévenir les fraudes : si le nom ne correspond pas, mieux vaut ne pas valider et vérifier d’abord.
- La double authentification sur la messagerie et les comptes en ligne quand elle est proposée, avec un mot de passe différent pour chaque compte, comme le recommande Cybermalveillance.gouv.fr.
- Une règle de validation : ne jamais valider dans l’application, ni communiquer au téléphone, un code ou une opération dont votre parent n’est pas à l’origine. C’est précisément ce que réclament les faux conseillers.
Les plafonds de paiement et de retrait de la carte se discutent aussi avec la banque : demandez quels montants s’appliquent et s’ils correspondent aux dépenses réelles de votre parent. S’il a du mal à suivre seul ses comptes, les solutions possibles (procuration, habilitation familiale, mesure de protection) sont présentées dans la fiche pour protéger juridiquement votre parent.
Téléphone : Bloctel a disparu, le démarchage est interdit
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial est interdit par principe, dans tous les secteurs. Une entreprise ne peut appeler votre parent que s’il a un contrat en cours avec elle et que l’appel porte sur ce contrat, ou s’il a donné son accord préalable par un acte positif clair, pour un an au plus, rappelle service-public.gouv.fr. Les appels autorisés n’ont lieu que du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h.
Conséquence : la liste d’opposition Bloctel a cessé d’exister le 11 août 2026, il n’y a plus à y inscrire votre parent. Un contrat conclu depuis cette date à la suite d’un démarchage non conforme n’est pas valable. Deux démarches restent utiles :
- demander à l’opérateur de votre parent, ou dans son espace client, l’inscription sur la liste rouge, qui retire ses coordonnées des annuaires, ou sur la liste anti-prospection, qui s’oppose à leur usage commercial, indique l’Arcep ;
- signaler les appels abusifs sur SignalConso, la plateforme de la DGCCRF, et les SMS suspects au 33700.
Un appel commercial le week-end, un jour férié ou après 20 h est donc irrégulier. Mais un escroc ne respecte aucune règle : raccrocher et rappeler soi-même reste la meilleure protection.
Quatre habitudes à installer, et qui appeler en cas de doute
- Convenir d’une règle simple : aucune décision d’argent au téléphone ni sur la foi d’un message. On raccroche, on rappelle soi-même, et on en parle à un proche.
- Activer les mises à jour automatiques du téléphone, de la tablette et de l’ordinateur, et n’installer des applications que depuis les boutiques officielles.
- Ne rien signer et ne rien payer le jour même face à un démarcheur qui se présente au domicile.
- Enregistrer dans le téléphone les vrais numéros de la banque et de la caisse de retraite, et afficher près de l’appareil l’opposition carte (0 892 705 705, numéro surtaxé, 24 h/24), Info Escroqueries (0 805 805 817, gratuit, en semaine de 9 h à 18 h 30) et le numéro d’un proche.
Le dialogue compte autant que les réglages : un parent qui craint d’être jugé tardera à parler. Lui dire à l’avance que ces scénarios sont conçus pour tromper tout le monde l’aide à alerter vite. Si votre parent a des troubles de la mémoire, ces consignes seront à rappeler souvent, et les réglages bancaires prennent encore plus d’importance.
Si l’arnaque a déjà eu lieu, chaque heure compte : opposition, contestation auprès de la banque, signalement, plainte, rétractation d’un contrat signé sous pression. Toutes ces démarches, dans l’ordre, sont rassemblées dans la fiche je pense qu’on arnaque mon parent. L’assistance en ligne 17Cyber, mise en avant par Cybermalveillance.gouv.fr, aide aussi à identifier le type d’attaque.
Questions fréquentes
Le numéro de la banque s’affiche sur le téléphone : est-ce une preuve ?
Non. Cybermalveillance.gouv.fr indique que les escrocs peuvent usurper le numéro de téléphone de la banque. Le seul moyen de vérifier est de raccrocher et de rappeler soi-même la banque par ses moyens habituels.
Faut-il encore inscrire mon parent sur Bloctel ?
Non. Bloctel a cessé d’exister le 11 août 2026, date à laquelle le démarchage téléphonique commercial est devenu interdit sans accord préalable, selon service-public.gouv.fr. Votre parent peut demander à son opérateur l’inscription sur la liste rouge ou anti-prospection, et signaler les appels abusifs sur SignalConso.
Que faire d’un SMS suspect ?
Ne pas cliquer sur le lien, le transférer au 33700 pour le signaler, puis le supprimer. En cas de doute sur un vrai message, contacter l’organisme par ses coordonnées habituelles.
Les réflexes à retenir
- Une banque ne demande jamais un code ni la validation d’une opération pour « annuler une fraude » : on raccroche et on rappelle soi-même le numéro habituel.
- Aucun support technique officiel ne demande d’appeler un numéro affiché sur un écran bloqué : on ferme la fenêtre ou on redémarre.
- Un plafond de virement instantané réduit et la vérification du bénéficiaire limitent les pertes : ces réglages se font avec la banque.
- Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique est interdit sans accord préalable et Bloctel n’existe plus ; la liste rouge se demande à l’opérateur.
- SMS suspect : transfert au 33700 ; doute sur une escroquerie : Info Escroqueries au 0 805 805 817.
Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources officielles et spécialisées citées ci-dessous.
Sources
- Que faire en cas de fraude au faux conseiller bancaire ? — Cybermalveillance.gouv.fr
- Que faire en cas de phishing ou hameçonnage ? — Cybermalveillance.gouv.fr
- Les arnaques au faux support technique — Cybermalveillance.gouv.fr
- Le virement SEPA instantané — Banque de France
- Démarchage téléphonique interdit : quelles sont les nouvelles règles ? — Service-public.gouv.fr
- Démarchage téléphonique : comment se prémunir des sollicitations commerciales — Arcep
Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
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