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IA générative : 33 % des 60-69 ans l’utilisent, contre 8 % en 2023, selon le Crédoc

33 % des 60-69 ans utilisent l’IA générative en France, contre 8 % en 2023. Le Baromètre du numérique du Crédoc mesure un bond de 25 points en deux ans. Une tribune publiée par l’Opinion pose la question: les seniors ont-ils plus à gagner qu’ils ne le pensent avec l’IA?

Le chiffre bouscule un cliché tenace. Les plus de 60 ans ne tournent pas le dos à ChatGPT. Ils arrivent plus tard, mais ils arrivent.

L’écart avec les jeunes se creuse pourtant. 85 % des 18-24 ans utilisent une IA générative, contre 15 % des 70 ans et plus. Soixante-dix points de différence, contre 55 deux ans plus tôt.

En chiffres
33 %
des 60-69 ans utilisent l' IA générative
contre 8 % en 2023 (Crédoc)
15 %
des 70 ans et plus
contre 85 % des 18-24 ans
48 %
des Français utilisent l' IA générative
20 % en 2023
40 %
des chômeurs de 50 ans et plus à l' aise avec l' IA
70 % chez les moins de 30 ans (Randstad, 2024)
2 M
d' aînés isolés de leurs proches en 2025
+120 % en huit ans (Petits Frères des Pauvres)

Crédoc, juin 2025: 48 % des Français utilisent l’IA générative

L’enquête du Crédoc a été réalisée en juin 2025 auprès de 4 145 personnes. Elle est menée pour l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’ANCT.

Premier constat: 48 % des Français ont recours à l’IA générative. Ils n’étaient que 20 % en 2023. Le taux a plus que doublé en deux ans.

La progression touche toutes les tranches d’âge. Les 40-59 ans passent de 15 % à 48 %. Les 60-69 ans grimpent de 8 % à 33 %, et les 70 ans et plus de 4 % à 15 %.

Le problème? La vitesse n’est pas la même partout. L’IA se diffuse vite chez les seniors, mais elle file encore plus vite chez les jeunes adultes.

Les mesures divergent aussi selon les instituts. D’après une synthèse de Medica France, la part des 60 ans et plus qui se servent de l’IA varie entre 9 % et 33 % selon l’enquête de l’Insee ou du Crédoc retenue. Un écart énorme, qui tient aux questions posées et aux tranches d’âge étudiées.

Randstad: 40 % des chômeurs de plus de 50 ans à l’aise avec l’IA

Sur le marché du travail, le décalage existe aussi. Selon une étude Randstad publiée en 2024, 40 % des demandeurs d’emploi de 50 ans et plus se disent à l’aise face à l’IA. Chez les moins de 30 ans, ils sont 70 %.

Le Club Landoy, cercle de réflexion consacré à la longévité, ne conteste pas ce constat. Les seniors sont en moyenne moins formés aux outils numériques. Ils changent plus rarement d’emploi ou de secteur.

Ils s’excluent aussi parfois eux-mêmes des formations. Un frein classique, connu des services RH depuis longtemps.

Le cercle rappelle un autre point. Avec les tensions sur le marché du travail, se priver de l’énergie disponible des seniors serait contre-productif.

Mais cette lecture oublie un facteur. Le type d’emplois occupés par les seniors change la donne. Et il joue plutôt en leur faveur.

Emploi des seniors face à l' IA: cinq repères

Adoption en forte hausse
Les 60-69 ans gagnent 25 points d' usage de l' IA générative entre 2023 et 2025, selon le Crédoc.
Fracture générationnelle élargie
L'écart entre les 18-24 ans et les 70 ans et plus passe de 55 à 70 points en deux ans.
Postes tertiaires favorables
Les emplois exposés à l' IA correspondent aux préférences des travailleurs âgés. Moins vrai pour les métiers manuels.
Biais des recruteurs
Les profils à longue ancienneté se heurtent encore à des réticences à l' embauche.
Former avant 50 ans
À 45 ans, un salarié a encore une vingtaine d' années de carrière devant lui.

Bureau, rythme modéré, peu d’effort physique: le profil des postes exposés

Le Club Landoy s’appuie sur un rapport du FMI. Plusieurs caractéristiques des emplois fortement exposés à l’IA correspondent aux préférences des travailleurs âgés.

Activité physique moins exigeante. Risques professionnels moins élevés. Rythme de travail modéré.

Ce sont souvent des postes de bureau, de conseil ou d’expertise. Sur ces fonctions, l’outil peut absorber une partie des tâches répétitives. Le salarié expérimenté garde la main sur le jugement.

Le Club Landoy pose une limite claire. Cette convergence vaut surtout pour le secteur tertiaire. Elle vaut beaucoup moins pour les emplois répétitifs et manuels, plus exposés à l’automatisation.

L’ouvrier de 58 ans sur une chaîne n’est pas dans la même situation que la juriste du même âge. Pour lui, l’IA reste d’abord une menace. Pour elle, elle peut devenir un levier.

Conseil, droit, finance: l’IA grignote d’abord les tâches des juniors

Un autre argument circule chez les spécialistes RH. Selon le Journal du Net, des tâches longtemps confiées à des débutants sont maintenant en partie prises en charge par l’IA générative.

Le phénomène touche le conseil, le marketing, le droit et la finance. Rédiger, synthétiser, analyser: l’outil le fait vite.

La thèse défendue dans cette tribune tient en une formule. L’IA automatise l’exécution, pas la responsabilité. Vérifier, arbitrer, assumer une décision: ces fonctions reviennent à des profils expérimentés.

Le Journal du Net en tire des conséquences pour les entreprises. Investir dans la montée en compétences numériques des seniors. Valoriser le mentorat et la transmission comme des contributions stratégiques, et non périphériques.

Le programme Octave va dans le même sens. Le vieillissement peut affecter la vitesse du cerveau et la flexibilité mentale.

Mais les recherches citées ne montrent pas une résistance au changement plus forte chez les seniors. Leur conclusion: ils savent s’adapter à l’IA, comme ils savent travailler sans elle.

Sur le terrain, des salariés seniors témoignent. L’un d’eux explique que l’IA l’aide à gérer ses différentes tâches et à traiter plus vite les plus complexes. Le gain de temps est l’argument mis en avant.

20 à 30 métiers par carrière: la formation bloque encore

Les obstacles restent nombreux. Dans Courrier Cadres, Éric Beaudouin pointe les biais cognitifs des recruteurs face aux profils à longue ancienneté.

Beaucoup de grandes entreprises se disent prêtes à recruter des seniors. Dans les discours, oui. Dans les faits, beaucoup moins.

L’agence TBWA/Corporate a consacré une étude au sujet, intitulée L’avenir de l’entreprise sera sénior [ou ne sera pas]. France Travail la cite pour souligner un paradoxe français: une partie des actifs mise de côté depuis des décennies.

Le rythme des reconversions s’accélère aussi. On parlait autrefois de trois ou quatre métiers sur un parcours. Avec l’IA, les experts évoquent 20 à 30 changements de métier.

À 45 ans, un salarié n’est qu’au milieu de sa carrière. Il lui reste une vingtaine d’années à travailler. Assez pour rentabiliser une formation à l’IA, à condition qu’on la lui propose.

Lefebvre Dalloz Formation insiste sur ce point. Les seniors ne demandent pas à devenir experts en IA. Ils veulent comprendre les usages, les limites et les implications de ces outils.

Ne pas former les salariés âgés reviendrait, selon l’organisme, à créer une forme d’exclusion silencieuse. Le risque: être écarté des projets innovants, ou peiner à retrouver un emploi.

Carewell, Petits Frères des Pauvres: l’IA entre aussi chez les retraités

Hors du travail, l’usage progresse également. Une enquête de la société américaine Carewell a interrogé 1 020 personnes de plus de 55 ans.

Un sondé sur trois déclare avoir constaté une amélioration de sa santé après avoir suivi les conseils de ces outils. Un résultat déclaratif, à manier avec prudence.

Le contexte français donne du poids à ces usages. Selon le baromètre des Petits Frères des Pauvres, 2 millions d’aînés étaient isolés de leurs proches en 2025. C’est 120 % de plus qu’il y a huit ans.

Les assistants conversationnels ne remplacent pas un lien humain. Selon Slate, ils servent déjà à planifier des repas ou à préparer des démarches administratives.

Un angle mort persiste. Dans The Conversation, Rachel Weldrick, chercheuse à l’université Concordia, relève que les personnes âgées sont sous-représentées dans le développement des modèles d’IA.

Selon elle, beaucoup de personnes âgées sont hautement qualifiées et curieuses des technologies émergentes. Elles veulent en savoir plus sur l’IA et sur son potentiel pour la société.

Elle note aussi que de nombreux employeurs croient encore que les salariés âgés maîtrisent mal la technologie. Le Crédoc dit autre chose: un tiers des 60-69 ans a déjà adopté l’IA générative.

Seniors et IA générative: les chiffres clés

  • Le Crédoc a interrogé 4 145 personnes en juin 2025
  • L' usage des 60-69 ans est passé de 8 % à 33 % en deux ans
  • L'écart entre 18-24 ans et 70 ans et plus atteint 70 points
  • Les emplois exposés à l' IA sont souvent moins physiques, selon un rapport du FMI
  • Les experts évoquent 20 à 30 changements de métier par carrière

Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

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Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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