Santé & autonomieChutes & mobilitéPrévenir les chutes d’un parent âgé : logement, santé, activité physique

Prévenir les chutes d’un parent âgé : logement, santé, activité physique

Une personne de plus de 65 ans sur trois fait au moins une chute par an, rappelle l’Assurance maladie. En 2024, Santé publique France a recensé 174 824 hospitalisations et 20 148 décès liés à une chute dans cette tranche d’âge, des taux en hausse d’environ 20 % et 18 % par rapport à 2019.

La prévention repose sur trois leviers que le proche peut aider à actionner : sécuriser le logement, faire vérifier quelques points de santé (vue, médicaments, pieds, alimentation) et entretenir la marche et l’équilibre. Des aides publiques existent pour financer les travaux d’adaptation.

En chiffres
174 824
hospitalisations liées à une chute chez les 65 ans et plus en 2024
Santé publique France, bulletin national, données 2015-2024
20 148
décès liés à une chute chez les 65 ans et plus en 2024
Taux standardisé en hausse de 18 % par rapport à 2019 — Santé publique France
22 000 € HT
plafond de travaux pris en compte par MaPrimeAdapt’, financés à 50 % ou 70 %
Service-public.gouv.fr, fiche F37501

Ce que disent les chiffres les plus récents

Le bulletin national de Santé publique France couvrant les années 2015 à 2024 donne la mesure du problème. En 2024, le taux d’hospitalisation liée à une chute atteint 1 198 pour 100 000 habitants de 65 ans et plus, en hausse de 20,5 % par rapport à 2019. Le taux de mortalité est de 138 pour 100 000, en hausse de 18 %.

Le risque grimpe avec l’âge : chez les 85 ans et plus, le taux d’hospitalisation est 8,6 fois plus élevé que chez les 65-74 ans, et le taux de mortalité 29 fois plus élevé. Les chutes sont plus nombreuses en hiver qu’en été. À âge égal, les femmes sont plus souvent hospitalisées, tandis que les hommes décèdent davantage.

Ces résultats arrivent après le plan national antichute, lancé en février 2022 pour trois ans avec l’objectif de réduire de 20 % les chutes mortelles ou invalidantes. Le ministère chiffrait alors le coût des chutes à 2 milliards d’euros par an, dont 1,5 milliard pour l’Assurance maladie.

Le logement, pièce par pièce

Les conseils de l’Assurance maladie tiennent en une idée : dégager, éclairer, fixer.

  • Circulations : retirer les objets et petits meubles qui gênent le passage ; fixer les fils électriques au mur ou les regrouper dans un range-câbles.
  • Sols : éviter les tapis dont les bords se relèvent ; choisir des revêtements antidérapants dans la salle de bains.
  • Éclairage : multiplier les points lumineux pour supprimer les zones d’ombre ; en cas de mauvaise vue, marquer le nez des marches avec une bande de couleur contrastée.
  • Rangements : placer à portée de main ce qui sert tous les jours, pour ne plus avoir à monter sur un tabouret.
  • Salle de bains, toilettes, chambre : poser des barres d’appui solidement ancrées près du lit, des toilettes et de la baignoire ; installer un rehausseur de toilettes ou un siège de bain. Un porte-serviettes n’est pas un appui fiable.

Les tâches à risque, comme le nettoyage des vitres, gagnent à être confiées à quelqu’un d’autre.

Chaussures, lever, aides à la marche : les habitudes qui comptent

Trois habitudes simples sont mises en avant par ameli.fr :

  • Se lever lentement du lit ou du fauteuil, pour éviter les vertiges.
  • Porter des chaussures qui tiennent le pied, avec un talon large et bas, de 2 à 3 cm, et une semelle ferme et antidérapante.
  • Utiliser une canne ou un déambulateur dès que l’équilibre devient incertain.

Le plan antichute prévoit que des aides techniques à la mobilité soient prises en charge. Le choix du matériel se discute avec le médecin traitant ou le professionnel de rééducation qui suit la personne.

Les points de santé à faire vérifier

Beaucoup de chutes ont une cause médicale que l’on peut corriger. L’Assurance maladie recommande d’en parler au médecin traitant et de faire contrôler :

  • la tension artérielle, le rythme cardiaque et l’équilibre ;
  • la vue et l’audition, avec un bilan régulier ;
  • les pieds : un hallux valgus ou des douleurs modifient la marche, et relèvent du pédicure-podologue ;
  • le poids, dont la baisse peut signaler une dénutrition ;
  • la liste complète des médicaments, car nombre d’entre eux agissent sur l’équilibre et la vigilance.

Côté assiette, les repères cités sont des apports suffisants en protéines, en calcium et en vitamine D, et une consommation d’alcool limitée. Seul le médecin peut décider d’arrêter ou de modifier un traitement : le rôle du proche est d’apporter toutes les ordonnances à la consultation.

Bouger tous les jours pour garder l’équilibre

Le repère donné par l’Assurance maladie est de marcher au moins 30 minutes par jour. L’activité physique est aussi l’un des cinq axes du plan antichute, qui s’appuie sur l’activité physique adaptée proposée par les maisons sport-santé et par des acteurs locaux comme les centres communaux d’action sociale.

Les quatre autres axes du plan dessinent une liste de vérification utile aux familles : repérer les personnes à risque, aménager le logement, recourir aux aides techniques à la mobilité, et s’équiper d’une téléassistance, pour laquelle des départements proposent des aides qui réduisent le reste à charge.

Après une première chute, la peur de retomber peut conduire la personne à réduire ses activités et à ne plus vouloir sortir, décrit l’Assurance maladie. C’est un motif de consultation à part entière.

Financer les travaux avec MaPrimeAdapt’

MaPrimeAdapt’ est l’aide de l’Agence nationale de l’habitat pour adapter la résidence principale à la perte d’autonomie. Selon la fiche de service-public.gouv.fr, elle s’adresse aux propriétaires occupants et aux locataires du parc privé, sous conditions de ressources, dans trois cas : avoir 70 ans ou plus ; avoir entre 60 et 69 ans avec un classement en GIR ; ou justifier d’un taux d’incapacité d’au moins 50 %.

L’aide couvre 70 % du montant des travaux pour les ménages aux revenus très modestes et 50 % pour les revenus modestes, dans la limite d’un plafond de travaux de 22 000 € hors taxes. Exemples de travaux éligibles : salle de bains accessible, barres d’appui, aménagement de la cuisine, monte-escalier, éclairage à détection de mouvement, rampe d’accès, élargissement de portes, volets motorisés.

Deux règles sont à connaître : l’accompagnement par un assistant à maîtrise d’ouvrage agréé est obligatoire, et les travaux ne doivent pas commencer avant l’accord. Les conseillers France Rénov’ renseignent gratuitement sur l’éligibilité et sur l’ouverture du guichet. Le centre communal d’action sociale peut orienter vers d’autres aides locales.

Questions fréquentes

À partir de quand faut-il s’inquiéter du risque de chute d’un parent ?

Une première chute, même sans blessure, une marche devenue hésitante, des vertiges au lever ou l’habitude de se tenir aux meubles justifient d’en parler au médecin traitant. Il peut évaluer l’équilibre, revoir les traitements et prescrire des séances de kinésithérapie.

Faut-il retirer tous les tapis ?

L’Assurance maladie conseille d’éviter les tapis dont les bords se relèvent, car ils font trébucher. Dans la salle de bains, mieux vaut des revêtements antidérapants.

Un locataire peut-il bénéficier de MaPrimeAdapt’ ?

Oui, la fiche officielle mentionne les locataires du parc privé, avec l’accord du propriétaire pour les travaux. Les conditions d’âge ou de perte d’autonomie et de ressources sont les mêmes que pour les propriétaires occupants.

Prévention des chutes : les repères

  • Une personne de plus de 65 ans sur trois chute au moins une fois par an, selon l’Assurance maladie.
  • En 2024, Santé publique France a compté 174 824 hospitalisations et 20 148 décès liés à une chute chez les 65 ans et plus.
  • Dégager les passages, fixer les fils, supprimer les tapis qui gondolent, éclairer et poser des barres d’appui sont les aménagements de base.
  • Vue, pieds, tension, poids et liste des médicaments sont à faire vérifier par le médecin traitant.
  • MaPrimeAdapt’ finance 50 % ou 70 % des travaux d’adaptation dans la limite de 22 000 € HT, sous conditions.

À lire aussi : Après la chute d’un parent âgé : premiers gestes, bilan et rééducation

Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources officielles et spécialisées citées ci-dessous.

Photo : Alexas_Fotos / Unsplash

Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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