La 75e Semaine bleue, organisée du 5 au 11 octobre sur le thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! », s’est achevée dimanche. Ce lundi 12 octobre, Reims ouvre pourtant deux semaines d’animations gratuites pour ses aînés, et d’autres communes prolongent le lien entre générations au-delà du calendrier national.
Coordonnée par l’Uniopss, la semaine nationale des retraités et des personnes âgées a été lancée le 24 septembre lors d’une conférence de presse, rapporte Localtis, le média de la Banque des Territoires. Son comité national fédère une vingtaine d’organisations, dont des caisses de retraite, des associations, des fondations, l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) et le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Marraine de cette édition, l’ancienne ministre Roselyne Bachelot déplore la diffusion du slogan « Ok boomer » sur les réseaux sociaux. « La participation des personnes âgées au débat, avec ce que cela représente d’histoire, d’expérience, est absolument indispensable », a-t-elle affirmé lors de la conférence de presse.
Mémoire, sport, sécurité routière : des milliers d’actions du 5 au 11 octobre
Selon Localtis, « des milliers d’événements » étaient attendus partout en France pendant la semaine. Ils portaient sur la mémoire, l’engagement des seniors, la rencontre festive ou culturelle entre jeunes et plus âgés, l’activité physique, l’alimentation ou encore la sécurité routière.
Le thème de 2026 renvoie à l’histoire de l’événement, qui fête ses 75 ans. Le comité national rappelle que la première « Journée nationale des vieillards » a été organisée en 1951 par des associations et organisations caritatives, pour lutter contre l’extrême précarité et l’exclusion des personnes âgées. La lutte contre la misère a progressivement cédé la priorité à un autre combat, l’isolement social, déjà au cœur de la Semaine bleue dès 1984.
Le comité national appelait cette année à multiplier les actions impliquant tous les âges de la vie, « et pas seulement les plus jeunes et les plus âgés ». Il citait en exemple les Marches bleues ouvertes à toutes les générations, en ouverture ou en clôture de la semaine, pour rendre visibles celles et ceux que l’âge ou les limitations fonctionnelles tiennent trop souvent à l’écart de la vie sociale.
Reims ouvre ce lundi 12 octobre deux semaines et 234 activités gratuites
Le calendrier national n’est pas une règle stricte. À Reims, la Semaine bleue commence ce lundi 12 octobre et dure deux semaines, jusqu’au 25 octobre, selon 20 Minutes, qui s’appuie sur ICI. Les retraités et les personnes âgées de 65 ans et plus résidant à Reims peuvent choisir parmi 234 activités et événements gratuits : spectacles, visites, ateliers, initiations, sports et marches. Les inscriptions ont ouvert le 1er octobre, sur le site de la Ville de Reims ou par téléphone au 03 26 77 76 00, en semaine.
En Bretagne, Plumelin a choisi pour la première fois d’étaler ses animations sur deux semaines, du 5 au 16 octobre, rapporte Ouest-France. Le programme associe un repas, le 6 octobre, auquel étaient invités les habitants de plus de 70 ans et les sœurs de la congrégation des Filles de Jésus de Kermaria, et une marche chantée organisée le 10 octobre avec le conseil municipal des jeunes et l’association Kanerion Bro Boïo, avec un point de rencontre prévu pour les personnes à mobilité réduite. Jeu de piste, gymnastique, multisports, lecture et jeux de société mêlent les enfants de la commune aux aînés. « La semaine bleue, à Plumelin, c’est 365 jours par an », résume Christelle Lidurin, adjointe à la jeunesse.
À Bayonne, 57 % des plus de 75 ans vivent seuls chez eux
À Bayonne, la semaine a aussi servi d’outil de repérage. Selon Sud Ouest, 27 % des Bayonnais ont plus de 60 ans, et 57 % des habitants de plus de 75 ans vivent seuls chez eux, d’après Christine Lauqué, adjointe au maire chargée des solidarités, du logement et du lien intergénérationnel. Le 5 octobre, jour du lancement, une vingtaine d’élèves du lycée professionnel Le Guichot proposaient gratuitement coupes de cheveux et manucures aux seniors de passage à la maison des associations.
« Ce programme est l’occasion de faire plus ample connaissance avec des personnes que l’on croise souvent seules, dans la rue », explique l’élue. Quand une personne se nourrit peu ou rencontre des difficultés de logement, la mairie tente, par le biais de l’animation, de la raccrocher à un service du centre communal d’action sociale (CCAS), comme le portage de repas à domicile, ou de l’orienter vers une offre de logement social destinée aux seniors. Gilles Eyraud, qui dirige le CCAS, insiste sur l’importance de « prévenir la perte d’autonomie ».
La semaine sert aussi à faire découvrir les activités proposées toute l’année par le dispositif municipal Génération seniors, et des nouveautés que la ville reprogrammera selon leur succès. « Certains vont nouer des liens auxquels ils se raccrocheront tout au long de l’année », estime Christine Lauqué.
750 000 aînés en « mort sociale » selon les Petits Frères des Pauvres
Le choix d’un thème intergénérationnel répond à un constat chiffré. Selon le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres, cité par le comité national de la Semaine bleue, près de 2 millions de personnes de plus de 60 ans n’ont plus, ou très peu, de relations avec leur famille ou leurs amis, dont 750 000 sont en situation de « mort sociale ». Loin de régresser après la crise sanitaire du Covid-19, le phénomène continue de progresser, souligne le comité.
Pour Daniel Goldberg, président de l’Uniopss, cité par Localtis, l’enjeu est d’« éviter un conflit de générations entre celles et ceux qui atteindront le grand âge dans la décennie 2030 et les plus jeunes ». Une enquête flash de l’Uniopss menée auprès de 30 acteurs du grand âge (services à domicile, Ehpad, résidences autonomie, habitat inclusif, accueils de jour) recense des activités partagées, des projets de cohabitation intergénérationnelle comme ceux du réseau Cohabilis, des démarches qui encouragent l’expression des résidents et des actions de soutien aux aidants. Le premier frein à leur développement reste le manque de personnel et l’instabilité des équipes, avant même la question des moyens.
220 plateformes d’accompagnement et de répit pour les proches aidants
Pour les familles qui accompagnent un parent âgé, le lien social ne se limite pas à une semaine d’animations. Le portail public pour-les-personnes-agees.gouv.fr recense 220 plateformes d’accompagnement et de répit en France. Créées à l’origine pour les proches de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, elles soutiennent depuis 2021 l’ensemble des proches d’une personne âgée en perte d’autonomie.
Ces plateformes informent, écoutent et orientent les aidants. Elles peuvent organiser du temps libéré à domicile, avec l’intervention d’une aide à domicile sur une demi-journée ou plus, rechercher un accueil de jour ou un hébergement temporaire, proposer des groupes d’échanges entre aidants et des sorties pour partager un bon moment avec le proche accompagné. Leur mission inclut la lutte contre le repli et l’isolement de l’aidant comme du binôme aidant-aidé. L’accès aux conseils est gratuit, mais une participation peut être demandée pour certaines prestations, précise le portail, qui renvoie vers son annuaire des points d’information locaux.
Elles ne remplacent pas les services de droit commun : maisons départementales de l’autonomie, points d’information locaux dédiés aux personnes âgées et centres communaux d’action sociale. À Reims, les 234 rendez-vous courent jusqu’au 25 octobre. Ailleurs, le frein pointé par l’Uniopss pose une question : les initiatives entre générations trouveront-elles assez de personnel pour vivre au-delà d’une semaine par an ?
Questions fréquentes
Quand a eu lieu la Semaine bleue 2026 ?
La 75e édition s’est déroulée du 5 au 11 octobre 2026, coordonnée par l’Uniopss. Certaines communes ont fixé leurs propres dates, comme Reims, du 12 au 25 octobre, ou Plumelin, du 5 au 16 octobre.
Où trouver les animations pour seniors organisées près de chez soi ?
Les programmes sont diffusés par les mairies et les centres communaux d’action sociale (CCAS), qui organisent souvent les inscriptions. Les activités proposées pendant la Semaine bleue prolongent parfois des dispositifs actifs toute l’année, comme Génération seniors à Bayonne.
À qui s’adresser pour souffler quand on accompagne un parent âgé ?
Les 220 plateformes d’accompagnement et de répit informent et orientent les proches aidants et peuvent organiser du temps libéré à domicile. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr permet de trouver les points d’information locaux ; le CCAS et la maison départementale de l’autonomie sont aussi compétents.
Semaine bleue 2026 : les repères
- La 75e Semaine bleue s’est tenue du 5 au 11 octobre 2026 sur le thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! ».
- À Reims, 234 activités gratuites sont proposées aux 65 ans et plus du 12 au 25 octobre, selon 20 Minutes.
- Plumelin a étalé ses animations du 5 au 16 octobre ; Bayonne s’est appuyée sur la semaine pour repérer les aînés isolés.
- Près de 2 millions de personnes de plus de 60 ans ont peu ou pas de relations avec leurs proches, selon les Petits Frères des Pauvres.
- La France compte 220 plateformes d’accompagnement et de répit ; l’accès à leurs conseils est gratuit.
Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.
Sources
- Relions tous les âges dans des territoires engagés ! (thème 2026) — Semaine Bleue
- Semaine bleue 2026 : des actions partout en France pour « relier les âges » — Localtis, Banque des Territoires
- Reims : 234 activités gratuites pour les seniors pendant la Semaine bleue — 20 Minutes
- « La Semaine bleue, c’est 365 jours par an » : à Plumelin, l’événement destiné aux seniors sera prolongé — Ouest-France
- À Bayonne, une semaine où les seniors sont (presque) rois — Sud Ouest
- Les plateformes d’accompagnement et de répit — pour-les-personnes-agees.gouv.fr
Photo : Vitaly Gariev / Unsplash
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