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Contrat obsèques en capital ou en prestations : comment choisir

Un contrat obsèques est un contrat d’assurance qui prévoit, au décès de l’assuré, le versement d’un capital destiné à payer les funérailles. Deux familles existent : le contrat en capital, qui se limite au financement, et le contrat en prestations, qui y ajoute l’organisation des obsèques avec une entreprise de pompes funèbres.

Le sujet est rarement abordé en famille, alors que les proches sont les premiers concernés : ce sont eux qui devront retrouver le contrat et le faire jouer. Selon la DGCCRF, l’assurance obsèques a couvert 205 000 décès en 2023, soit 32 % des décès de l’année. Voici ce qui distingue les formules et ce qu’il faut vérifier avant de signer.

En chiffres
5,4 millions
contrats d’assurance obsèques en cours en France en 2023
DGCCRF, communiqué relayé par la préfecture des Côtes-d’Armor
32 %
des décès de 2023 couverts par une assurance obsèques
soit 205 000 décès — DGCCRF
80 ans
âge limite de souscription couramment pratiqué
environ, selon ABE Info Service

Le contrat en capital : une somme, pas d’organisation

Dans un contrat en capital, l’assureur s’engage à verser une somme d’argent au bénéficiaire désigné : un proche ou une entreprise funéraire. D’après France Assureurs, le bénéficiaire reste libre de choisir les prestations : cercueil, sépulture, transport et préparation du corps, cérémonie. La famille organise donc tout elle-même, avec l’opérateur de son choix.

Assurance Banque Épargne Info Service (ABE Info Service, le site de l’ACPR, de l’AMF et de la Banque de France) distingue deux variantes :

  • le contrat de type prévoyance, où le montant du capital est fixé à la signature ;
  • le contrat de type épargne, où le capital dépend des versements effectués et des frais prélevés.

La désignation du bénéficiaire est libre et peut être modifiée à tout moment. Mieux vaut que la personne désignée le sache et connaisse le nom de l’assureur.

Le contrat en prestations : des obsèques définies à l’avance

Le contrat en prestations, souvent appelé convention obsèques, associe deux engagements : un contrat d’assurance et un accord de services avec une entreprise de pompes funèbres. Les prestations sont détaillées et personnalisées à la souscription (inhumation ou crémation, type de cérémonie, cercueil, etc.). Au décès, l’assureur verse le capital à l’opérateur funéraire désigné, qui exécute ce qui a été prévu.

L’assuré garde la main. ABE Info Service précise que les prestations peuvent être modifiées pendant la durée du contrat. France Assureurs indique de son côté que le souscripteur peut changer ses choix à tout moment et changer d’opérateur funéraire si nécessaire, par exemple après un déménagement.

L’intérêt pour la famille est double : les volontés du parent sont écrites, et elle n’a pas à avancer les frais pour les prestations prévues. La limite tient au temps qui passe : un contrat signé à 65 ans peut s’appliquer vingt-cinq ans plus tard. Il est prudent de relire le descriptif de temps en temps avec le parent.

Cotisations : viagères, temporaires ou versement unique

Trois modes de paiement existent, selon ABE Info Service :

  • la prime unique, versée en une fois à la souscription ;
  • les primes périodiques temporaires, payées sur une durée fixée (1, 5 ou 10 ans par exemple) ;
  • les primes périodiques viagères, payées jusqu’au décès.

Le site public met en garde sur ce dernier mode : avec des primes viagères, l’assuré qui vit longtemps peut verser davantage que le capital garanti. Avant de signer, il faut demander une simulation du total des cotisations à 80, 85 et 90 ans et la comparer au capital.

Autre distinction à repérer dans les conditions générales :

  • un contrat à fonds perdus ne rembourse rien en cas de résiliation ;
  • un contrat vie entière permet un rachat, avec versement d’une valeur de rachat ; si les cotisations s’interrompent, le capital garanti peut être réduit.

Les frais (entrée, versement, gestion, sortie) doivent être communiqués clairement par le vendeur.

Les clauses qui peuvent priver la famille du capital

ABE Info Service liste plusieurs points à examiner avant la signature.

  • Le délai de carence : si le décès survient avant la fin de ce délai, le capital n’est pas versé. Sa durée et les cas où il ne s’applique pas figurent au contrat.
  • Les exclusions de garantie : le site cite les faits de guerre, l’intoxication alcoolique ou l’usage de stupéfiants.
  • La revalorisation du capital : les assureurs se sont engagés à prévoir un mécanisme de revalorisation, et le souscripteur est informé chaque année du montant garanti. ABE Info Service prévient toutefois que, même revalorisé, le capital peut rester insuffisant pour couvrir la totalité des frais.
  • La clause bénéficiaire, qui doit être rédigée avec précision.
  • Pour les contrats investis en unités de compte, le risque de perte de valeur.

La mise en garde sur un capital parfois insuffisant rejoint les constats de la DGCCRF. Dans une enquête sur le secteur, relayée par la préfecture des Côtes-d’Armor, un tiers des 69 opérateurs d’assurance contrôlés présentaient des anomalies : publicités qui n’indiquaient pas que l’assurance peut ne pas couvrir tous les frais, ou qui présentaient le versement du capital comme immédiat alors qu’il suppose des justificatifs.

Choisir selon la situation du parent

Il n’y a pas de formule meilleure en soi. Quelques repères aident à trancher.

  • Le parent tient à décider lui-même du déroulement de ses obsèques et veut décharger ses enfants : le contrat en prestations répond à cette attente, à condition de choisir un opérateur sérieux et de conserver le descriptif.
  • Le parent veut seulement laisser de quoi payer et fait confiance à ses proches pour le reste : le contrat en capital est plus souple.
  • Le parent dispose d’une épargne disponible : il n’est pas toujours nécessaire de s’assurer. Sur présentation de la facture, la banque peut régler les obsèques sur le compte du défunt, dans la limite de 5 965 € en 2026 et du solde disponible, indique service-public.gouv.fr.

La DGCCRF recommande de comparer plusieurs offres et, côté pompes funèbres, d’exiger un devis écrit, détaillé et standardisé. Son enquête a relevé des anomalies dans 68 % des 623 établissements funéraires contrôlés, notamment une confusion entre prestations obligatoires et prestations facultatives.

Un contrat obsèques engage sur de longues années. En cas d’hésitation, le parent peut demander conseil à une association de consommateurs ou à son notaire avant de signer.

Informer les proches et retrouver un contrat

Un contrat que personne ne connaît ne sert à rien le jour venu. La DGCCRF conseille d’informer sa famille de l’existence du contrat. Concrètement : noter le nom de l’assureur et le numéro du contrat, ranger une copie avec les papiers importants, prévenir le bénéficiaire.

Si un doute subsiste après le décès, les proches peuvent interroger l’Agira, l’organisme chargé de la recherche des contrats obsèques. La demande se fait par le formulaire en ligne du site agira.asso.fr ou par courrier (Agira, TSA 20179, 75441 Paris Cedex 09). D’après France Assureurs, l’organisme fait le lien avec les assureurs, qui reprennent ensuite contact avec le bénéficiaire.

Pour obtenir le versement, le bénéficiaire devra fournir les justificatifs prévus au contrat, en général un acte de décès pour commencer. En cas de litige avec l’assureur, la DGCCRF oriente vers la plateforme SignalConso et vers le médiateur de la consommation dont relève le professionnel.

Questions fréquentes

Jusqu’à quel âge peut-on souscrire un contrat obsèques ?

Selon ABE Info Service, les contrats proposés sur le marché peuvent généralement être souscrits jusqu’aux alentours de 80 ans. La limite exacte dépend de chaque assureur et figure dans les conditions du contrat.

Que devient l’argent si le parent résilie son contrat ?

Tout dépend du type de contrat. Un contrat à fonds perdus ne rembourse pas les sommes versées. Un contrat vie entière prévoit une valeur de rachat, dont le montant est indiqué dans les documents contractuels.

Comment savoir si mon père avait un contrat obsèques ?

Après le décès, une demande peut être adressée à l’Agira par le formulaire de son site ou par courrier (Agira, TSA 20179, 75441 Paris Cedex 09). Il est aussi utile de regarder les relevés bancaires du défunt, où apparaissent les prélèvements de cotisations.

Contrat obsèques : l’essentiel

  • Le contrat en capital verse une somme au bénéficiaire, qui organise librement les obsèques ; le contrat en prestations fixe à l’avance le déroulement avec un opérateur funéraire.
  • Dans un contrat en prestations, l’assuré peut modifier ses choix et changer d’opérateur funéraire.
  • Avec des cotisations viagères, le total versé peut dépasser le capital garanti.
  • Délai de carence, exclusions et revalorisation du capital sont à vérifier avant de signer ; même revalorisé, le capital peut ne pas couvrir tous les frais.
  • Après un décès, l’Agira permet de savoir si le défunt avait souscrit un contrat obsèques.

À lire aussi : Obsèques d’un parent : qui paie, avec quel argent et sous quels délais

Cet article a été rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle, à partir de sources officielles et spécialisées citées ci-dessous.

Photo : Katsia Jazwinska / Unsplash

Julien Juchereau
Julien Juchereau
Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Aidons nos parents, il suit les aides, les droits et les solutions du grand âge pour les proches aidants : il compile les barèmes et les démarches, recoupe les sources officielles (CNSA, DREES, service-public.fr) et cite ses références. Il n'est ni médecin ni juriste — quand une information n'est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l'inventer.

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